100% Bio

telechargement-3Vincent Dedienne a plus souvent l’habitude de tirer le portait des autres, avant c’était à Canal + alternant malicieusement caresses et coups de griffe,- il en a même fait un recueil « Les Bios (très) interdites »-, depuis la rentrée, c’est chez Yann Barthès dans Quotidien qu’il officie, avec toujours la même ironie mordante et le sourire canaille en bandoulière pour des revues de presse et d’actualité souvent désopilantes. Dans ce rôle il excelle. Avec « S’il se passe quelque chose » qu’il jouait hier soir à la M.J.C. de Rodez, il s’essaie à un sujet à la fois et beaucoup plus complexe et beaucoup plus fouillé puisqu’il s’agit d’un autoportrait plus secret, tout en délicatesse et retenue, dans lequel le tout jeune trentenaire feuillette son album de famille et égrène ses souvenirs les plus marquants. On verra ainsi défiler en vidéo aussi bien ses parents adoptifs que son panthéon très personnel d’artistes qui l’ont convaincu de monter sur scène avec en tête d’affiche Muriel Robin. Une mise à nu, dans tous les sens du terme, puisqu’il débarque à poil sur le plateau et repartira à la fin dans le même appareil, voilà comment on pourrait qualifier son « spectacle affirmé d’une solitude débordante » pour ne pas dire one-man-show car ce n’est pas que cela. Une heure et demie de quasi auto-analyse avec ses hauts et ses bas, qu’il partage volontiers avec son public dévoilant failles, doutes et autres blessures plutôt que de s’abriter habilement derrière des personnages de fiction. Bien sûr, un sketch par ci, pour évoquer un entretien surréaliste à pôle emploi, une brève par là, pour brosser le portrait d’une vieille actrice, lui permettent de temps à autre de se revivifier pour rebondir, mais l’essentiel c’est lui. Son passé fait écho à ses rêves, ses réflexions douces amères ouvrent d’autres perspectives à construire, ses souvenirs qui évitent nostalgie ou mièvrerie dessinent une personnalité attachante et intensément pudique. Seuls accessoires pour dérouler son existence, dans un coin un portant avec plusieurs liquettes ou manteaux et quelques paires de chaussures, c’est tout, il ne peut compter que sur lui-même pour séduire et envoûter les spectateurs, lesquels conquis ne ménageront pas leurs applaudissements, au grand plaisir de son metteur en scène, François Rollin, lequel avait fait le déplacement.                                                                                                                         Certains préféreront le chroniqueur iconoclaste, d’autres cette version plus intimiste et toute de fragilité.

 

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