Mention très B(i)en

telechargement-3La silhouette fine et élancée, de la malice plein les yeux et un humour décapant version pince sans rire, tel apparaît sur scène Ben Mazué de passage hier soir à la M.J.C. de Rodez pour un rendez-vous entre spectacle, stand up et concert qui enchantera le public présent. Plus qu’un récital pour accompagner la promotion de son dernier album en date «33 ans » c’est à une ballade dans un univers très singulier mais ô combien sensible et intelligent que l’on est convié. Les textes chantés ou parlés, dont certains lorgnent vers Grand Corps Malade -sans que ce soit vraiment surprenant quand on sait que dans le passé il a répondu au projet concept de celui-ci avec son titre « la résiliation »-, sont empreints de beaucoup de sincérité et de d’une justesse remarquable. Seul en scène avec sa guitare en bandoulière ou avec de temps en temps, le renfort d’un clavier qui ne l’étouffe pas, on est subjugué par la tendresse et l’authenticité qui émanent de ses compositions, lesquelles brassent large et nous dévoilent une personnalité très attachante. Tout y est: les doutes qui peuvent paradoxalement nourrir la confiance en soi, la vulnérabilité face à l’engagement amoureux, le temps qui érode les sentiments dont on s’accommode ou pas, l’avancée dans l’âge qui teinte chaque étape de la vie de sa touche de nostalgie, de frustration ou de regrets, une chronologie douce-amère qui, en peu de mots, vise juste et s’avère particulièrement touchant. Très inspiré et tout en retenue, il marie l’élégance de la pudeur à la subtilité des confidences, que ce soit pour nous parler de la douleur de la perte de sa mère ou pour reprendre une chanson d’Anne Sylvestre avec bon goût. Le discours de remerciements suite à une victoire imaginaire aux prochains Grammy Awards pour un chanteur en langue française ou l’interview avec deux tasses de café en mains pour Eclectik de Rebecca Manzoni sur France Inter tout de décalage et de sous-entendus farfelus sont deux moments d’anthologie, des modèles rafraîchissants de folie douce et de délire verbal particulièrement réjouissants.                                                                 La gouaille complice mêlée de l’élégance du cœur ne trompe pas, ce fut une magnifique soirée avec un artiste à découvrir de toute urgence.

 

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