Médecins sans frontières

telechargementNous sommes dans l’Auvergne profonde, notamment sur les hautes terres du Cantal ou de la Haute-Loire… « des territoires reculés » où la vie se meurt avec une population vieillissante toujours plus nombreuse . Nombre de services publics, école, poste etc… ne sont plus que lointains souvenirs et pour se soigner il n’ y a plus personne ce qui oblige à se rendre à la ville voisine pour la moindre visite, le moindre examen, ou n’importe quelle maladie bénigne… Ici une municipalité, là un groupe de habitants/citoyens, ailleurs une association, tous refusent que s’installe un désert médical synonyme de bourg rayé définitivement de la carte. Pour ce faire ils ont multiplié les initiatives pour aider à l’installation de nouveaux praticiens sauf qu’aucun étudiant en médecine n’a envie de s’enterrer dans ces lieux loin de tout. Seule solution recruter à l’étranger. Et c’est ainsi que le documentaire projeté hier en fin d’après-midi à la médiathèque de Rodez évoque le parcours de trois d’entre eux. « Au chevet du vieux monde » de Yohan Laffort les suit ainsi au plus près, sillonnant les campagnes pour visiter leurs patientèles souvent très âgées. Il y a Joana Razafindrabe tout droit venu de Madagascar, lequel a attendu 13 ans pour obtenir enfin des papiers en règle même si pendant tout ce laps de temps il était employé comme faisant fonction d’interne dans divers hôpitaux, mais avec un salaire moitié moindre que ses collègues français… On fait aussi la connaissance d’Omar Drici-Tani, algérien de naissance lequel déploie des trésors de compassion pour « poser des cataplasmes sur les bobos de la vieillesse et accompagner ses patients »… On rencontre aussi Noémi Badiceanu qui a répondu à l’offre d’emploi depuis la Roumanie, que tout le village a adoptée tant elle fait preuve de dévouement, de gentillesse et de disponibilité nuit et jour pour répondre à tous, au point que ses confrères locaux la jalousent voire davantage… Trois trajectoires singulières qui racontent la même passion, la même ferveur, la même empathie pour autrui… la même pudeur aussi pour expliquer «qu’ils sont devenus médecins par besoin de reconnaissance »… Retour au bled pour l’un qui retrouve ses anciens camarades, fête de l’amicale des malgaches expatriés pour un autre, nostalgie du pays et de la famille aussi bien sûr, mais engagement sans faille et détermination intacte pour se mettre au service des autres… voilà le message de ce film humain, profondément humain qui explore un visage oublié de la France rurale.                                                                                             Remarquable.

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