Casse-tête chinois

telechargement-2Un constat terrible sur la condition des mineurs de charbon, des ouvriers des fonderies et les conséquences catastrophiques tant pour l’environnement que pour la santé des hommes, que ce documentaire de 2015 produit notamment par Arte et réalisé par Zhao Liang qui était proposé hier en fin d’après-midi à la médiathèque de Rodez. Une carte blanche offerte à l’association locale Lumières 12, laquelle regroupe des passionnés de cinéma, entend promouvoir et défendre en particulier «l’art et l’essai» et a trouvé sa place comme acteur culturel en participant par exemple à la programmation hebdomadaire de Cap cinéma Rodez. Comme un prolongement de la semaine consacrée au cinéma asiatique, ce film est une analyse sans concession de l’envers du décor du miracle économique de l’Empire du milieu: des conditions de vie épouvantable, de l’esclavage moderne et une pollution destructrice à grande échelle qui fait fi de la sécurité au travail, se moque complètement des ravages écologiques irréparables induits, etc… peu importe les moyens pour acquérir le statut de grande puissance industrielle et commerciale. Des paysages sans cesse modifiés à grands coups de dynamitage, les rondes infernales de camions, bulldozers et excavatrices en tous genres, la poussière et une atmosphère irrespirable toujours plus insidieuse, le niveau des lacs de Mongolie qui baisse inexorablement comme jadis la quasi disparition de la Mer d’Aral, les images tragiques d’individus épuisés de fatigue qui triment, les corps détruits, la mort qui rôde…et en contrepoint la voix off du narrateur inspirée par la Divine Comédie de Dante pour évoquer l’intime par delà la douleur, témoigner de la condition humaine et de sa fragilité, des réflexions entre rêve et réalité, symboliques ou plus matérialistes, hantés par des portraits qui éclairent crûment la face sombre d’une croissance exponentielle non maîtrisée. Cette course effrénée de la Chine, synonyme de vitrine politique reconnue, broie toujours plus les terres et les êtres qui y vivent. «Béhémoth, le dragon noir» est l’autopsie implacable d’un système qui a atteint ses limites, une machine infernale que plus personne ne contrôle et obère l’avenir de toute la planète. Les pneumoconioses des travailleurs à l’agonie ou les forêts de pierres tombales sont autant d’appels au secours lancés comme des SOS… Les plans de cités fantomatiques et désertes qui terminent ce long métrage y font sinistrement écho… Effrayant.                                                                                                       Un vin chaud accompagné de pain d’épices prolongeait la soirée.

 

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