Quo vadis ?

telechargement-1La grande scène de la M.J.C. est recouverte d’un genre de labyrinthe perpétuel noir et blanc, des pavés géométriques qui lorgnent du coté de Vasarely. Dans un coin, un immense parallélépipède lequel abrite projecteurs et néons en tous genres, sur les arêtes, à l’intérieur, savamment disposés… en un mot des faisceaux de lumière déconstruite, réinventée, détournée mais surtout quasi divinisée… Ce sera le totem catalyseur avec ou autour duquel les deux danseurs se déplacent, se recroquevillent, se surprennent, se défient ou se retrouvent. « Ad noctum » une création de Christian Rizzo directeur du Centre Chorégraphique de Montpellier, c’est donc d’abord une réflexion plus que nuancée sur les liens qui se tissent ou se distendent entre deux êtres qui se jaugent, s’apprivoisent, s’ignorent ou se fuient, c’est selon, et au-delà, sur l’ambivalence ou la fragilité, l’évanescence ou la fulgurance de ce qui nourrit un couple. Lorsqu’ils apparaissent, ils sont dos à dos, puis progressivement vont glisser côte à côte, s’effleurer, s’affronter dans des évolutions qui ressemblent presque à de la tauromachie, pour finir unis et transfigurés. Ils auront en effet abandonnés leurs tenues de départ – tee shirt, pantalon prés du corps et mocassins élégants-, pour in fine se glisser dans des costumes ultra-sophistiqués, quelque part entre Nabuchodonosor triomphant, prêtres soufi et extra-terrestres futuristes de bande dessinée, avec épaulettes et manches surprises d’où s’échappent des volutes de fumée qui rajoutent un voile de mystère autour de ce duo… Après une longue introduction dans un silence de cathédrale, seulement troublé par les pas feutrés, succédera une bande-son toute de bruitages, de crépitements et autres, qui enveloppent les protagonistes d’ une musique obsessionnelle dont ils semblent toujours plus prisonniers… Découpages spatial ou lumineux, ombres où se lover pour se régénérer, éclairs et coups de foudre – au sens propre comme au figuré-, autant de mouvements complexes et toujours en équilibre instable. Incontestablement les deux danseurs font preuve d’une technique remarquable, de prestance, où la vitalité rime avec la sensualité, il n’en demeure pas moins que si d’ aucuns trouveront cela intense et subtil, pour tout dire le nec plus ultra, d’autres resteront dubitatifs devant ce spectacle que l’on peut trouver au contraire sibyllin voire énigmatique…

 

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