On the road again

 

telechargement-2Dans le cadre de la quatrième édition de « Regards sur l’exil » organisée conjointement par le Collectif pour les Réfugiés de Rodez et Amnesty International, étaient projetés au Club hier, lors de deux séances, deux courts métrages pour souligner combien il est douloureux d’être déracinés, hors de son pays et contraints à l’exil, n’importe où… en Europe mais  aussi en France bien sûr. L’exemple de la jungle de Calais récemment démantelée et ses milliers de laissés pour compte dispersés un peu partout dans notre pays – ( dans notre département des familles sont reçues dans le bassin de Decazeville et des mineurs isolés dans un centre à Pont-de-Salars) – n’est qu’un parmi beaucoup d’autres de ces foyers de désespérance qui ont fait l’actualité des derniers temps… « Protestation VI » de Rolando Colla suit ainsi un nigérian débarqué à Zurich, Alex Karma, ballotté de postes de police où il doit sans cesse répéter sa détresse en centre d’urgences où règnent promiscuité, trafic en tout genre et autre… Sa demande d’asile refusée, il sera envoyé en centre de rétention,- en Suisse on peut y rester jusqu’à 18 mois dans l’attente de la décision-, où malgré protestations et grève de la faim, les autorités se préparent à le renvoyer dans son pays d’origine. Attaché, casqué, genre camisole de force pour ne pouvoir ni se rebeller ni s’auto-mutiler, il est en partance pour l’aéroport… sauf que très affaibli il décédera lors de la tentative d’expulsion avant même d’être assis sur son siège d’avion… Une histoire hélas authentique mais pas isolée.                                                     Ensuite on suivra avec « Siranouch » de Laurent Marboeuf, prénom de l’héroïne, le parcours tout aussi chaotique d’une jeune arménienne passée par l’Ukraine avant d’échouer avec sa famille, ses parents et ses deux sœurs, à Poitiers d’abord dans un C.A.D.A., Centre d’Accueil de Demandeur d’Asile,- il y en a un à Onet le Château-, puis ensuite à Niort dans un appartement H.L.M. Le père ingénieur mécanicien spécialiste des tracteurs, la mère professeur de danse et les trois filles prennent tant bien que mal l’attente d’une hypothétique carte de séjour… Déjà trois ans que la situation s’éternise, le temps que l’ Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, l’ OFPRA, statue sur leur sort. On sent dans les témoignages tout en pudeur et retenue autant la reconnaissance pour l’accueil de la population locale côtoyée au quotidien que l’angoisse du lendemain mais avec la volonté bien ancrée de positiver et s’intégrer pour se projeter dans l’avenir qu’ils n’imaginent que dans notre pays …                                                                                           Deux films différents, deux histoires incarnées que rythment tragédie ou espoir. Poignants. Un représentant de la CIMADE venu de Toulouse animait ensuite un débat.

 

 

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