Maison mère

058982-jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxxDans cette famille profondément hantée par la mort de la mère, militante infatigable dont ni le compagnon ni les deux filles n’ont encore pu faire leur travail de deuil, c’est débrouille bon enfant, complicité chaleureuse et beaucoup de tendresse. Pour joindre les deux bouts ce veuf bourru mais à la sensibilité à fleur de peau, cumule deux boulots, magasinier dans une animalerie le jour, employé de sex-shop une grande partie de la nuit…résultat, de temps à autre, il en oublie d’aller à l’école chercher la plus jeune, laquelle finit invariablement au poste de police… sauf qu’un jour ce retard de trop alerte les services de l’A.S.E. qui mandate aussitôt une enquêtrice sociale chargée de passer au crible le quotidien de l’ensemble du foyer pour, in fine, obliger le père à effectuer un stage de « responsabilité parentale » sous peine de se voir retirer la garde avec familles d’accueil en ligne de mire…« Cigarettes et chocolat chaud » présenté vendredi soir en avant-première avant la sortie nationale prévue le 14 décembre prochain, c’était aussi l’occasion de rencontrer et d’échanger avec sa réalisatrice Sophie Reine, monteuse de profession, dont c’est le premier long métrage. Ce film fait de bric et de broc et qui fait très souvent écho à son histoire personnelle comme elle le confie bien volontiers, c’est une comédie douce-amère où l’on passe très vite du rire aux larmes, tout en pudeur et en retenue, où l’ affection et la complicité bienveillante apaisent les blessures et réchauffent les cœurs de toute la parentèle. L’art de dédramatiser à bon escient, le petit pas de coté qui rend les utopies possibles et la générosité protectrice sont d’incontestables atouts pour un film qui donne la pêche. Bercé par des musiques de David Bowie auquel les deux jeunes héroïnes rendent hommage au travers de leurs prénoms respectifs, traversé d’improbables lucioles et autres cochons d’inde interchangeables, sans oublier d’évoquer les difficultés relationnelles des personnes atteintes du syndrome de Gilles de la Tourette, ce film se situe dans la veine de la comédie italienne des années 70, pétillante et iconoclaste, délurée et optimiste. Tant Gustave Kervern en vieil ours mal léché, Camille Cotin en travailleuse sociale attentive que les deux fillettes pétillantes de malice, tous rivalisent de fougue et de vitalité contagieuse pour incarner ces personnages déroutants mais tellement vrais et attachants.                                                                                                        À déguster sans modération.

 

 

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