Fils de soi

telechargement-3C’est un spectacle riche de promesses, qui ouvre des portes, explore les possibles et bouillonne de futurs incertains que proposent deux compagnies québécoises: une chorégraphique le Fils d’Adrien danse, l’autre théâtrale «Les enfants terribles» lesquelles, pour l’occasion, se sont associées pour produire cette création hybride à forte valeur ajoutée, rehaussée qui plus est, par des inserts en vidéo pour ouvrir encore davantage l’horizon. Six personnages en devenir, à égalité, hommes/femmes, danseurs/comédiens face à des premières fois très diverses, amitié et rejet, amour ou jalousie, désir et sensualité, pouvoir ou domination etc… autant dire des problématiques existentielles qui ne peuvent laisser quiconque indifférent. De brouillonne, impétueuse, hésitante ou confuse, la vie de chaque personnage se nourrit de doutes, d’espoirs, de rencontres, de déceptions, de fantasmes aussi, pour peu à peu se construire et se structurer par choix et tamis successifs, douloureux ou exaltants, mais toujours portés par une volonté fondatrice. «L’éveil», présenté aujourd’hui à la M.J.C. de Rodez dans le cadre de Novado, c’est une succession de chapitres où chaque pas, chaque mouvement, chaque parole qui s’ajoute, se conforte, se relance ou se jauge devient un défi pour affirmer sa personnalité singulière, « rien d’autre que moi », construite en symbiose ou en opposition mais toujours grâce aux autres. Un rite initiatique du passage de l’adolescence à l’âge adulte positivé par une quasi absence de regrets, de nostalgie ou de culpabilité, que portent autant un texte incisif, délicieusement ponctué d’expressions pur sirop d’érable, que par les déplacements des interprètes, lesquels s’aventurent dans des répertoires très différents. On passe ainsi du registre classique à de l’expression corporelle beaucoup plus moderne version break ou tribale, de mouvements d’ensemble à un solo tout de fragilité, via des duos et autres figures multiformes qui toutes distillent émotions et enthousiasmes pour transcender et métamorphoser chaque individu. « On enterre son enfance » et on trouve la force de se projeter dans l’inconnu certes mais avec confiance et détermination. Des éclairages tout en nuances, des musiques qui swinguent de douceur, des accessoires très symboliques comme des posters rapidement brandis ou quelques lignes sur un écran d’ordinateur qui résument la vie antérieure, cette carapace dont il faut s’extraire pour pouvoir voler de ses propres ailes… tout concourt à faire de ces tableaux successifs un hymne à la jeunesse.                                                                                                                                 Un voyage énergisant et authentique que l’on prend plaisir à partager.

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