Écho système

telechargement-2Un petit village au cœur de l’Afrique où la fête bat son plein. Les garçons tous forcément bien sapés sont supposés faire la tournée des « maquis » pour siroter des bières ou tchatcher avec les filles, lesquelles, maquillages bien voyants et fringues du dernier cri, se doivent de participer à ce maelström immuable…Sauf que cette fois, ici, à «Tabataba» nom de cette très courte pièce de Bernard-Marie Koltès, dans une famille tout ce qu’il y a de plus banale, rien ne se passe comme prévu. Dans une petite cour, autour d’une moto rutilante, un jeune homme s’affaire, mains dans le cambouis et chemise plus très blanche. Sa sœur aînée ne cesse de le houspiller, le fustiger ou le blâmer car il refuse de prendre part à ce rituel trop bien établi… colère de l’un, remarques acerbes de l’autre, les reproches fusent. Dialogue impossible? Tradition ou modernité, conditionnement social ou libre arbitre, place de chaque sexe au quotidien – hors du mariage point de salut?-, non-dits et conventions, regards d’autrui et confiance en soi, culpabilité ou frustration, relations incestueuses inavouables… autant de problématiques qui affleurent et ne peuvent qu’interpeller chaque spectateur. Présenté dans les collèges et lycées du département, dans des jauges restreintes au plus prés du public, cette proximité oblige à se sentir concerné et donc, in fine, à se poser des questions auxquelles cette histoire se garde bien de répondre… Au contraire tout l’enjeu se situe dans l’échange qui suit la représentation avec la Compagnie de théâtre venue de Grenoble Les Veilleurs. Ouvrir des pistes de réflexions sur les codes comportementaux plus ou moins induits ou acceptés, d’autant plus pernicieux qu’à peine perceptibles tant ils semblent globalement intégrés dans le subconscient, voire quasi justifiés par des logiques d’ images commerciales ou publicitaires, voire pire encore familiales ou éducatives, c’est l’objectif que porte cette démarche. Titiller méthodiquement pour faire réagir, rebondir sur les préjugés ou les clichés qui nous étouffent, réfléchir à ses propres contradictions et petits arrangements de chaque jour avec nos idéaux d’équité, de partage et de respect, voilà l’ambition de ce texte qu’une mise en scène minimaliste met d’autant plus en exergue.

 

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