Âges de grâce

telechargementElles ne sont pas de la première jeunesse loin de là, puisque toutes, originaires de Marseille et environs, sont retraitées de 60 à plus de 80 ans. Une même passion commune et démesurée pour la danse contemporaine les anime et elles ont rencontré un chorégraphe à l’écoute, Thierry Thieu Niang, lequel les a convaincues de se lancer dans une initiative collective hors norme… Pour tout dire une idée franchement iconoclaste, à savoir monter sur scène pour interpréter le célébrissime « Sacre du printemps », ce ballet hautement symbolique d’Igor Stravinski lequel, depuis sa genèse il y a un peu plus d’un siècle, a complètement dynamité les codes du genre. Enthousiastes comme des ados gourmandes de vie, yeux malicieux et cœurs battants, sérénité tranquille et capables de toujours se surpasser, cette création absolument incroyable les conduira jusqu’au Festival d’Avignon en 2011 dans sa version in qui plus est, puis succès aidant jusqu’au Théâtre de la Ville à Paris, lieu incontournable et consécration ultime. Avec les encouragements et la bienveillance de leur ange gardien, le soutien mutuel des unes pour les autres, elles transformeront une utopie flamboyante en « expérience ludique et jouissive ». Le film «Danser le printemps en automne» de Philippe Chevalier et Denis Sneguirev était présenté hier en fin d’après-midi à la médiathèque de Rodez dans le cadre du mois du film documentaire dans la continuité de l’exposition actuellement à la Menuiserie « 2ème souffle ». Ce moyen métrage confronte les attentes des uns aux aspirations des autres, les regards admiratifs ou plus controversés des proches avec ce spectacle dont la dimension métaphysique est évidente tant les interprètes sont des personnes inscrites dans le temps. Dépassement de soi, volonté inébranlable au-delà des problèmes physiques, de santé ou de deuil qui font partie de leurs quotidiens, ces mamies hyper dynamiques se confient en parallèle face caméra et font preuve d’une incroyable résistance et d’une énergie hautement contagieuse qui forcent le respect. Un spectacle tout en ferveur qui devient manifeste politique pour souligner la place des seniors dans notre société actuelle qui trop souvent les exclut. La formule finale du metteur en scène : « Ce projet, ce n’est pas forcément de l’art, c’est de la vie » prend alors une tout autre dimension. Humaine, forcément humaine.

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