Gare aux acouphènes

telechargement-2Quand à l’entrée d’un concert sont disponibles en libre service des bouchons d’oreille, méfiez-vous! Concrètement, cela veut dire que la sono va déverser ses décibels à fond, que vos oreilles et vos tympans ne vont pas tarder à crier au secours et que vous devrez probablement hélas subir un tel flot de sonorités extrêmes, que vous n’apprécierez jamais vraiment totalement le spectacle, voire même vous pourriez être contraint à vous éclipser discrètement. Soit vous essayez vaille que vaille de vous accrocher pour comprendre un mot ici, une bribe de phrase là, en regrettant toujours plus ne pas pouvoir goûter davantage le moment, tant la musique si forte devient repoussoir chaque instant pire que jamais, soit vous capitulez très vite n’espérant qu’une chose que ce flot ininterrompu devenu vacarme assourdissant, boucan d’enfer ou brouhaha informe cesse définitivement et que cela se termine au plus vite. C’est exactement ce qui s’est passé hier à La Baleine pendant le récital de Claudio Capeo. Seuls quelques instants trop rares, quasi en acoustique, «ses séquences émotions» échappent à cette tornade dévastatrice et laissent entrevoir, et, in fine, immensément regretter ce qui aurait pu/dû être un spectacle fort en sensibilité. Pour se sentir un peu moins frustré, seule solution se précipiter sur son ordinateur, son smartphone ou autre et retrouver vidéos, clips, ou textes de ses chansons pour saisir la justesse, la pudeur et l’authenticité de cet artiste dont la voix ferait merveille, nonobstant le barouf qui sur scène l’étouffe jusqu’à l’asphyxie. Une salle d’un peu plus de cinq cent places n’est ni un bistrot où l’on joue au plus près des gens ni un spectacle de festival en plein air où l’on se doit d’envoyer du lourd pour séduire un public qui éventuellement papote avec le voisin ou sirote un verre… De la gouaille qu’on lui reconnaît, de ses paroles d’une grande tendresse, de sa convivialité festive, de son indéniable présence et de l’ambiance chaleureuse de son accordéon, on passe hélas le plus souvent à coté. C’est d’autant plus regrettable que lumières tamisées et autre aura new age, tout est ultra soigné, tout pour installer une atmosphère vraiment propice pour un concert qui aurait tant mérité mieux. Seules peut-être sa version déchirante de Chez Laurette de Michel Delpech ou son interprétation d’Un homme debout surnagent d’un tel tsunami et font regretter que l’ingénieur du son ait complètement failli.

 

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