Demoiselles d’honneurs

telechargement2Une grande intensité jusqu’à l’incandescence, de l’énergie contagieuse, rappels historiques et pointes de pédagogie, un hommage revigorant et salutaire à quatre grandes dames de la danse certes, mais aussi plus largement à des figures engagées au plan social ou politique, revendiquant haut et fort leur liberté d’être, de vivre ou d’aimer sans limite ni contrainte, tel rayonne le spectacle présenté hier à la M.J.C. de Rodez. « Ladies First » création de la chorégraphe toulousaine Marion Muzac avec la complicité active de vingt très jeunes danseuses, aussi mutines que volontaires, pétillantes de malice et frémissantes de vie, est bien plus qu’un tribut rendu à quatre immenses pionnières de cette discipline du siècle dernier, c’est un passage de témoin, un prolongement devenu évidence qui célèbre la liberté individuelle réinventée, le souffle d’un mouvement inéluctable qui explose les conventions et change le regard, la différence résonne de respect, l’intime se nourrit de l’autre. Ce spectacle protéiforme c’est une invitation au voyage, sonorités orientales ou percussions plus métalliques, grands mouvements made in Bollywood ou solo de comédies musicales, envolées classiques teintées d’humour ou voiles machiavéliques, douce sensualité ou présence charnelle, tout y est. Roulements d’épaules et déhanchés plus que suggestifs, postures façon Shiva ou déplacements aériens, bruitages vocaux ou corporels, longues mélopées ou moments de silence, cérémonies initiatiques ou transe collective à partager, les différentes figures chorégraphiques rebondissent encore et encore pour installer une atmosphère d’anarchie joyeuse ou de sérénité très zen, c’est selon, particulièrement jouissive. On voudrait que ce rêve éveillé se prolonge indéfiniment tant on lit de bonheur et de joie sur les visages de ces très jeunes interprètes. Plurielles par leurs vêtements, leurs chevelures, leurs origines, elles inondent d’énergie positive la salle et subjuguent les spectateurs conquis qui applaudissent à tout rompre.                                                                                                             Les fantômes de Joséphine Baker, Isadora Duncan, Ruth Saint Denis ou Loïe Fuller doivent de l’au-delà contempler cet hymne amoureux avec gourmandise et délectation. Elles ne sont pas les seules.

 

Publicités
Cet article, publié dans Divers, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s