Tout feu, tout femme

olivia-moore-jpegDu punch, de l’énergie à revendre, un sens de la répartie très aiguisé, des formules qui font mouche, des textes bien écrits, percutants à souhait, fruit d’observations minutieuses sur les comportements de tout un chacun, c’est à une autopsie sans concession de la vie de famille, parents, enfants et toute la parentèle, d’autant plus complexe quand il s’agit d’une entité recomposée, que nous invite Olivia Moore, sourire aux lèvres, l’œil malicieux et toujours en alerte. Son spectacle intitulé «Mère indigne » nous plonge au cœur des relations jamais simples qui se jouent au quotidien au sein d’un couple, de la place plus ou moins envahissante, que prennent nos chérubins vénérés lesquels au fil du temps s’affirment jusqu’à devenir des adolescents scotchés dans le canapé du salon qu’ils rendent «inamovible» tant ils en sont devenus les occupants perpétuels affalés qu’ils sont à jouer, qui de la console, de la tablette ou de l’indispensable smartphone… Quand le rideau s’ouvre, c’est dans la position dite « gynécologique » qu’elle apparaît, et tout de suite on comprend que les sketchs qui vont s’enchaîner n’épargneront rien ni personne… Derrière les bons mots et les répliques ravageuses, il y a du ressenti, de l’authentique ou du vécu, un mélange entre auto-analyse salutaire et situations plus universelles qui touchent l’intime de chaque spectateur. Comme en plus elle pimente son one-woman-show de chorégraphies aussi farfelues que déjantées entre parodies de Louane ou de Vianney plus vraies que natures, de réflexions teintées d’ironie douce-amère ou pince sans rire, on est très vite subjugué et on se surprend à sourire souvent, à pouffer ou à s’esclaffer devant ces tableaux qui nous renvoient cruellement à nos travers ou à nos faiblesses. Des petites touches successives de complicité de bon aloi ou de féminisme revendiqué pour entraîner le public essentiellement girly hier soir à la Baleine ( il y avait en parallèle un match de foot à la télévision, ceci explique peut-être cela ), dans de grands éclats de rire communicatifs. Parmi les morceaux de bravoure on retiendra un haka dévastateur, quelques saillies sur «la pédagogie positive et autres exigences éducatives » à méditer, ou sur le sex-appeal de cougars ou de milfs aussi gourmandes qu’effarouchées… Quant à l’anaphore finale, il arrivait à point nommé pour mettre en perspective avec justesse combien le chemin reste encore long pour promouvoir une égalité réelle et effective entre hommes et femmes. Cette soirée incontestablement très réussie était à l’initiative du Centre d’ Information des Droits des Femmes et de la Famille de l’Aveyron, association dont on ne dira jamais assez combien elle est indispensable.

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