Légende des siècles

images-1Une excellente idée que de célébrer Victor Hugo dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine d’autant plus que cette édition met à l’honneur le patrimoine et la citoyenneté, dans le genre, difficile de faire plus en phase que cet intellectuel engagé, personnalité politique incontestable qui n’aura de cesse que de témoigner de son temps. «Les misérables» fresque toute de lyrisme et d’épopée, roman historique autant que réaliste, analyse sociologique implacable d’une époque autant qu’hymne passionné pour la dignité humaine en est un des plus beaux exemples. On ne compte plus les transpositions au théâtre, à la télévision ou au cinéma y compris en version dessin animé de ce chef d’œuvre universel, sans oublier une version comédie musicale qui date des années 80 et son dérivé en anglais un peu plus tard, lequel détient étonnamment le record de durée d’exploitation sans interruption à Londres depuis plus de 30 ans. Étaient donc proposés au Conservatoire de musique de Rodez hier en fin d’après-midi donc des extraits de l’adaptation par Claude-Michel Schönberg pour la musique et Alain Boublil pour les paroles de ce monument littéraire, avec toutes les réserves légitimes que l’on peut avoir pour ce style de spectacle. Des mélodies très souvent sirupeuses surtout dans les moments les plus dramatiques, des paroles souvent peu inspirées, en comparaison de l’original, plus un mix susceptible de passer facilement la rampe et émouvoir à moindre frais le plus grand nombre possible de spectateurs que d’approfondir la trame sociale et in fine intrinsèquement politique de ce texte. On peut juste remarquer que nombre des chansons regorgent de référence religieuse -enfer et paradis, péché et confessions etc … – ce qui fait un peu désordre quand on sait, comme le précise Alain Decaux, que l’auteur fut élevé par un père franc-maçon et une mère qui ne mit jamais les pieds dans une église, qu’il était viscéralement anticlérical même s’il était croyant, une quête spirituelle personnelle qu’il résumera parfaitement dans son testament lapidaire: «Je refuse l’oraison de toutes les églises: je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu. » On ne saura jamais ce que Victor Hugo aurait pensé de cette adaptation musicale… Ceci étant dit, le concert par l’atelier voix dirigé par Sophie-Caroline Schatz n’était pas mal du tout: des interprètes qui y croient, avec mention spéciale aux Cosettes enfants et Gavroches tous de fraîcheur et de gouaille canaille, et des moments particulièrement émouvants comme le symbolique « À la volonté du peuple » chanté ensemble et sa reprise finale en hommage aux victimes du terrorisme qui faisait passer des frissons parmi les spectateurs.

 

 

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