Viaux soldat

téléchargementDernier rendez-vous de l’été au musée de Salles la Source pour illustrer la très intéressante exposition actuelle « 14/18, les Aveyronnais dans la Grande Guerre » avec des lectures à plusieurs voix des Cahiers de guerre de Jules Viaux confiés aux archives départementales, des textes écrits trois ans après qu’il fut démobilisé et qui rendent compte avec une puissance incroyable de l’indicible du front, de la vie dans les tranchées, des camarades tombés au combat, de l’incompréhension des troupes devant l’obstination de certains officiers… en un mot du quotidien de ces centaines de milliers d’hommes engagés dans un conflit qui les dépasse et les voit se confronter chaque jour un peu plus à la mort qui rôde en permanence. Des mots simples pour décrire des situations terribles, la chaleur des sentiments humains qui aident à tenir, ni pathos ni lyrisme, juste des moments saisis sur le vif qui ont dû hanter longtemps ceux qui les ont reçus à l’époque… et résonnent un siècle plus tard avec toujours autant d’authenticité en chaque spectateur. En ouverture, une phrase extraire du livre de l’écrivain Henri Barbusse, engagé volontaire dans l’infanterie malgré son âge et ses problèmes de santé « Le feu » : « On ne te croira pas …» à laquelle ces mots de Jules Viaux  «  Je ne peux pas oublier tout à fait, c’est dans ce but que j’écris ceci… » font écho. Deux versions qui se complètent pour rendre hommage à ces soldats extraordinairement courageux sous la mitraille, la terreur qui se lit dans les regards, la solidarité nécessaire, les permissions qui redonnent des couleurs à la vie. Se moquer de la musique des balles, les pillages dans les villages abandonnés, le repos du guerrier glorifié… des situations d’une banalité effrayante que l’on tente de dédramatiser pour rassurer ses proches… Tout y est pour rendre compte de la folie destructrice, de la boucherie inhumaine en marche mais aussi pour témoigner in fine de l’idéologie sous-jacente de cette période… Et pour accompagner ces récits, des photos en noir et blanc, des cartes postales d’époque ou des chansons comme « Quand les lilas refleuriront » aussi délicieusement kitsch que faussement candides…                             Organisé par Vallon de Cultures et le Collectif Mots à Maux, c’est une nouvelle fois un mélange réussi entre l’Histoire et ceux qui l’ont vécu, d’autant plus émouvant que dans la salle étaient présents des descendants de ce soldat témoin de son temps.

 

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