Passé composé

téléchargement (1)Grâce à une caméra 8 mm Camex qu’il a pu s’offrir dès les années 60 car il gagnait bien sa vie en tant qu’ingénieur chimiste en charge de la recherche et du développement, André Andrieu et sa femme Paulette ont très vite réalisé de petits films sur la famille, les amis ou le village de Villeneuve d’Aveyron puisque tous deux sont nés dans les bourgs alentour. Villeneuve où ils retournaient régulièrement et dont ils chroniquent ainsi les moments forts de cette époque, du travail des champs aux vendanges en passant par les processions, la messe ou la foire mensuelle, un événement fondamental synonyme de rencontres, d’échanges et de convivialité mais aussi un rendez-vous pour humer l’air du temps, les nouveautés que l’on trouve sur les marchés, l’occasion de discuter et de s’informer sur la vie de la commune ou de la paroisse… Au rythme des saisons, on suit ainsi la vie du monde rural marqué par le poids des traditions, la mécanisation qui se développe, mais aussi le rôle des femmes trop souvent méconnu bien qu’indispensable… une plongée quasi archéologique dans des archives audio-visuelles qui témoignent d’un monde que l’on ne retrouve plus que dans les livres d’histoire. C’est filmé à l’ancienne avec en voix off un commentaire qui se contente d’expliciter ce que l’on voit sur l’écran, ça tient de la nostalgie d’un passé reconstruit et donc fantasmé, où le temps qui s’étire est l’élément qui structure les relations intra-familiales d’abord mais aussi avec le voisinage proche, voire même au-delà puisque le documentaire inclut aussi quelques prises de vues sur le marché de Villefranche de Rouergue par exemple. Pendant la projection, difficile de ne pas penser aux deux films Farrebique et Biquefarre que Georges Rouquier consacra à prés de 40 ans d’intervalles à une ferme isolée du coté de Goutrens. « Paisans de Roergue » est donc une suite d’instantanés quasi ethnologiques à peine scénarisés qui éclaire de mélancolie des gestes, des savoir-faire, des situations ou des personnages qui habitaient notre département il y a 50 ans, le tout évidemment entièrement commenté en occitan avec sous titres adéquats. C’est comme un ancien album photos redécouvert par hasard dans un grenier où l’on trouve toujours à s’étonner d’images oubliées au fond de notre mémoire mais que l’on peut prendre de temps à autre plaisir à feuilleter ne serait ce que pour mesurer combien l’on a vieilli et que le temps passe si vite….                                                                                                                                                   Les réalisateurs présents dans la salle ont,  à l’issue de la projection, dialogué avec le public venu en nombre.

 

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