D’estOC et de taille

téléchargement (2)«Monsieur de Pourceaugnac» n’est pas, et de loin, la pièce la plus connue de Molière, une variation sans prétention pour se moquer une nouvelle fois de médecins toujours plus suffisants, brocarder les hobereaux de province souvent aussi imbus de leur personne que d’une niaiserie confondante ou se gausser de la magistrature et de ceux qui y concourent… et a contrario vanter les joies de l’amour sans préjugé de classe, l’astuce ou la débrouillardise des humbles… autant de figures imposées pour régaler la Cour tout en assénant quelques répliques bien senties. C’est dire que la Cie La Rampe Teatre Interégional Occitan avait mis la barre bien haute avec son adaptation Molière d’Oc qui adapte la trame d’origine en languedocien et permet à une troupe réduite de seulement 4 comédiens de se démultiplier pour en proposer une version enlevée, entre burlesque et comédie déjantée où le plaisir qu’ils prennent sur scène se prolonge avec bonheur dans la salle. Des costumes entre truculence et parodie, on pense par exemple au chapeau d’inspiration toute tyrolienne avec sa plume de paon bien en évidence ou à la robe qui permet de s’esquiver au final avec perruque rococo adéquate, autant de petites touches qui visent juste et installent cette fantaisie dans la folie douce communicative. C’était aussi un sacré défi que de faire jouer tous les rôles uniquement par des hommes, pari gagné de façon subtile à la fois pour souligner combien derrière les apparences de babillages un peu vains se révèlent en sous-main toutes les critiques par l’auteur de la société très corsetée de l’époque. On en oublie pas pour autant la genèse, puisque, comme à l’origine on y danse, on y chante, on y mêle même d’immenses marionnettes qui permettent de jouer sur tous les registres de l’esbroufe à la farce en passant par des moments beaucoup plus intimes, autant de moments plus intelligents les uns que les autres pour relancer sans cesse une intrigue qui sinon perdrait vite de son intérêt. Et pour que les spectateurs puissent se délecter de cette pièce bilingue , un écran de télé déroule telles des paroles de karaoké la traduction si nécessaire. Ce classique revisité est une authentique réussite d’on l’on sort enthousiaste. À souligner l’idée géniale que d’ouvrir et fermer cette comédie par la musique grand siècle de Lully chantonnée, murmurée ou reprise à capela, une manière élégante de placer toute la représentation sous le signe de l’humour jubilatoire.                       On a hâte de retrouver cette troupe pétillante dans une future Estivada ou ailleurs.

 

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