Mescladis

téléchargementUne fois n’est pas coutume, c’est avec la projection d’un film que s’est ouverte la 23ème édition de l’Estivada, un documentaire encore inédit consacré à un groupe de musique qui fêtait récemment ses 30 ans de scène «  Massilia Sound System le film » que l’on doit à Christian Philibert. Parler de cet emblématique groupe marseillais, un symbole qui mélange avec bonheur tant de styles musicaux différents, reggae, racines folkloriques mais aussi sonorités rock ou électro, c’est se plonger avec délectation dans notre histoire récente, et plus particulièrement dans celle d’une ville façonnée par le métissage, un melting pot ouvert sur le monde où la tolérance, l’écoute et le respect demeurent de fortes valeurs. Ni nostalgie béate, ni repli sur soi , au contraire, on feuillette avec plaisir ce qui tient de l’album de famille avec ses hauts et ses bas, où chacun face caméra brosse le portrait des autres par petites touches et qui, ce faisant, se révèle dévoiler davantage encore sa propre identité … Bien sur en même temps, on suit aussi la vie du groupe avec ses moments drôles ou au contraire plus poignants, marquée par exemple par la disparition d’un de ses membres auquel le film est particulièrement dédié, des anecdotes, des extraits des concerts survoltés de cette tournée anniversaire. C’est un reportage sur le vif sur un groupe atypique dans le paysage musical de notre pays, boudé par les grands festivals, peu relayé par les radios ou les télés, vu sa volonté inébranlable de s’exprimer pour parler de la réalité politique et sociale de notre pays en occitan défini comme « la langue des poètes et des troubadours »…pour décrire « l’âme d’une ville rêvée… symbole de liberté, de partage et de pastis », boisson qu’effectivement ils distribuent largement lors de chacun de leurs spectacles. À coté de l’aventure collective de Massilia chacun s’explique aussi sur les projets parallèles et complémentaires qu’ils mènent: Oaï Star, Moussu T et lei Jovents ou Papet J…  chaque démarche individuelle nourrissant le projet commun et inversement. C’est donc un long métrage tout en sincérité, pudeur et retenue qui met en lumière un des groupes les plus novateurs de l’époque actuelle. Que ce film ait pu voir le jour grâce au financement participatif s’inscrit dans le même ordre d’idées, une démarche singulière que l’on pourrait qualifier de citoyenne et totalement indépendante. Il faut lui souhaiter la plus large distribution possible. Nul doute que le public reprenne alors d’une seule voix : «  Aïoli » leur cri de ralliement.

 

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