Épitaphe

vignette internet 14-18 2016Pour beaucoup Verdun, la bataille de la Somme ou le Chemin des Dames ne sont plus devenus au fil du temps que des repères sanglants ou des symboles de la boucherie tragique que furent les longues années de la Grande Guerre, celle de 1914/18 celle qui devait être « la Der des Ders ». Pas pour les familles des « poilus » à qui furent inlassablement répétés au rythme des commémorations – du 11 novembre notamment- combien l’aïeul avait souffert dans les tranchées, les conditions de vie inhumaines qu’il avait endurées, les détails terribles de telle ou telle bataille, les copains morts sous un déluge de feu… D’autres au contraire n’ont jamais pu rien dire de l’indicible qu’ils avaient connu, préférant le silence pour protéger leurs proches ou simplement essayer de se reconstruire… « Dos fraires en 14» le conte musical français-occitan écrit et interprété par Jean-Louis Courtial relève le défi de brosser une peinture historique étalée sur plusieurs décennies au travers de souvenirs mémoriels familiaux mis en perspective. Mi fiction, mi témoignage, la version personnelle de cette époque évoque l’atmosphère de ces années qui hésitent entre esprit revanchard militariste, mutation du milieu rural ou émancipation des femmes en devenir… le tout resitué en abîme des grands enjeux politiques et sociétaux qui vont définitivement redessiner le siècle. Deux frères, l’un dans l’infanterie, l’autre dans la cavalerie qui confrontent leurs vécus, leurs espoirs ou leurs doutes, des tranches de vie vibrantes de sincérité et de douleurs, les souvenirs magnifiés ou enfouis, des regards croisés qui éclairent d’humanité ces périodes d’incertitudes…Et la magie opère. On est tout de suite captivé, subjugué, happé, par ces récits qui soulignent un destin, la voix modulée, les intonations ou les mimiques du comédien qui fait revivre devant nous des personnages qu’il sait nous rendre proches. On le connaissait déjà chanteur, musicien et compositeur, on le savait aussi passionné d’histoire, là, il ajoute encore une corde à son arc. Cette fresque n’oublie ni les stratégies meurtrières de l’État- major ni la Chanson de Craonne, plus tard on entendra le Chant des Partisans pour redonner ses lettres de noblesse à tous ceux qui ont animé la Résistance, Républicain espagnol vaincu de la Retirada y compris, le débarquement ou la libération et enfin les trente glorieuses pour s’achever dans les années 1980… Le devoir de mémoire conjugué de la nécessité de l’engagement, des individus dans le maelstrom de leur époque comme un hommage tout en respect et tendresse d’ un petit fils à son grand-père et à son grand oncle avec une infinie pudeur. Ce moment très fort était proposé en partenariat avec Vallon de Cultures au musée de Salles la Source en prolongement de l’exposition « les Aveyronnais dans la Grande Guerre ».                                                                                                 Prochain rendez-vous dimanche 7 août à 15 heures avec « Cahiers de guerre de Jules Viaud ».

 

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