Rien sur ma fille

imagesUne histoire entre douleurs et souvenirs, secrets et non-dits, plaisirs fugaces et culpabilité dévorante, passé poignant, présent cafardeux et futur incertain… une histoire qui bruisse de passions et de mémoires, de rencontres fortuites et de hasards inespérés, les aléas de l’existence d’une femme absolument poignante, telle est «Julieta», dernier film en date de Pedro Almodovar qui était de la sélection officielle au dernier Festival de Cannes, miroir d’un de ses précédents longs métrages. Une histoire étalée sur plusieurs années d’après différentes nouvelles d’une auteur canadienne qui nous prend à témoin des élans du cœur, de ses peines ou de ses regrets, mais aussi baignée de sensualité épanouie, des hauts et des bas qui sculptent au plus profond les êtres, les ballottent ou les submergent mais que le personnage prend à bras le corps, assume pour le meilleur ou le pire et lui donne toujours la force d’avancer. Ces fantômes qui la hantent, elle se surprend à s’en accommoder pour les dépasser, transcender les drames qui la rongent pour rebondir encore et toujours, autrement dit sublimer ses faiblesses pour retrouver la volonté de vivre et de toujours être à l’écoute des autres, voilà le portrait particulièrement fouillé et dense que le réalisateur dessine patiemment, entre flash-backs, petits riens du quotidien et promesses insensées. Les deux actrices qui se succèdent pour l’incarner, Adriana Ugarte, période jeunesse, et Emma Suarez, époque actuelle, sont toutes deux d’une extrême finesse, parfaites d’équilibres entre chagrin, remord et énergie pour rendre évidents tant les failles de l’intime que les rêves les plus fous. Il y a de la tragédie, grecque forcément puisqu’elle enseigne l’antiquité, des moments d’utopies auxquels on veut croire et surtout la présence lumineuse de ces personnages féminins qui irradient tout le film. On a rarement vus aussi bien disséqués, analysés et sublimés les rapports éminemment complexes mais si particuliers entre mère et fille… c’est incroyablement bouleversant de bout en bout. On a plaisir à retrouver ce cinéaste que l’on aime et qui n’est jamais aussi juste que lorsqu’il peint ainsi par petites touches ces héroïnes solaires qu’il adore et qui habitent ses meilleurs opus. Un film encore à l’affiche la semaine prochaine à ne pas manquer. La fête du cinéma qui se profile sera aussi l’occasion de séances de rattrapage.

 

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