Mosaïque

chronqiuesDe petits riens qui forment un tout, des fragments insignifiants qui prennent sens, des bribes d’histoires dont on veut connaître le dénouement, des instantanés qui soulignent un instant, un effet polaroïd, titre original du texte de Xavier Durringer devenu en français «Chroniques des jours entiers et des nuits entières» , «ce matériau à jouer» voilà ce que le groupe adulte du lundi de la M.J.C. d’Onet proposait hier soir dans la petite salle de la Criée, là où ils ont l’habitude de se retrouver. Des tranches de vie, des réflexions plutôt désabusées, des monologues souvent, des échanges impromptus pour prendre à témoin le public d’espoirs déçus, d’illusions perdues, de regrets dévastateurs, de souvenirs poignants…un kaléidoscope où la fragilité des cœurs n’éclaire que de grisaille la solitude profonde de personnages banalement, tristement, désespérément humains… Prisonniers de leurs états d’âme, de leurs doutes, de leurs faiblesses, en un mot de leur condition humaine, ils s’épanchent, interpellent, questionnent, non pour résoudre l’impossible équation, juste pour trouver une écoute bienveillante, se rassurer et se convaincre qu’ils ne sont pas seuls dans ce maelstrom de l’existence. On parle ainsi aussi bien du monde du travail, du vieillissement, de rencontres fugaces, d’amour idéalisé, de consommation, de mort qui rôde… On pense à «Strip-tease» cette émission de documentaires de la télévision belge où la parole servait d’exutoire et de catharsis pour sublimer son quotidien. Une absence quasi totale de décor si ce n’est un banc public, une petite estrade ou un vulgaire échafaudage de chantier où trouver refuge pour observer, entendre ou se confier, cette galerie de portraits est servie sans artifice, en mode brut de décoffrage, à charge pour chaque spectateur de s’en saisir et se l’approprier. De non dits en regards silencieux, ces histoires prennent leur temps pour s’installer et évoluer. Portées par des voix qui sont quasi toutes dans le même ton, les phrases n’en sont que plus douloureuses, distillant malaise, inquiétude et vulnérabilité que seuls des airs d’accordéon viennent soulager à intervalles réguliers. Parmi la quinzaine d’acteurs qui se succèdent ou se croisent sur scène, certains sont certes plus à l’aise que d’autres, mais on sent paradoxalement une volonté commune de jouer collectif pour incarner ces destins individuels et sublimer le blues contagieux.                                                                                       Ce spectacle à multiples facettes qui témoigne du travail accompli et sera rejoué plusieurs fois durant ce mois de juin à nouveau à Onet mais aussi à Moyrazès est à découvrir.

 

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