Usé jusqu’à la corde

fil.jpgDisons le franchement, les pièces de Feydeau, on les a vues et revues, on sait dès avant le lever de rideau à quoi s’attendre: du vaudeville hors sol avec sa cohorte de greluches et autres cocottes souvent sans cervelle, de petits bourgeois toujours coincés entre femmes et maîtresses, de meilleurs amis qui se révèlent rivaux dans le cœur d’icelles… etc…globalement du sans intérêt maquillé ici ou là par quelques bons mots ou répliques d’un autre temps, lesquelles faisaient peut-être s’ébaubir ou pouffer dans les salons au début du siècle dernier mais qui à notre époque ne sentent plus que la naphtaline ou le moisi. Préciser cela, c’est aussi souligner d’emblée combien monter « Le fil à la patte » par la Troupe des Jeux-Dits de l’atelier théâtre de la M.J.C. d’Onet relevait du pari quasi impossible… Des intérieurs désespérants de conformisme sans aucun gout, entre fauteuils où s’épancher, roucouler ou défaillir et bouquets de fleurs objets de quiproquos et malentendus, et ces personnages sans épaisseur qui gravitent autour…le maître d’hôtel façon Nestor de Moulinsart dans une version british jusqu’aux bout des bacchantes entre servile et désabusé, une chanteuse évaporée style Castafiore au petit pied, un général d’opérette en succédané d’Alcazar « rastaquouère » à l’accent surjoué, un auteur de chansonnettes mi-allumé mi-déconnecté, et quelques représentants de la gente masculine au noms d’aristocrates à rallonge tout de vanité obséquieuse… Enfin la scène de la Criée sur laquelle la pièce était présentée hier soir est vraiment d’une si petite surface que les comédiens se trouvent souvent à l’étroit à s’agiter en tous sens ou gesticuler en pure perte, ce qui enlève rythme et tempo, seuls éléments absolument indispensables pour rendre cette comédie surannée à peu prés présentable. En résumé, un texte vieillot et boursouflé, des comédiens à la bonne volonté indéniable qui n’en peuvent mais, mal servis par un plateau qui les enferme plus qu’il ne leur permet de s’exprimer, des costumes qui hésitent entre friperie d’Emmaüs et touches de modernité décalée, on trouve vraiment le temps long. Que ce soit Le Figaro et sa chronique mondaine qui soit le moteur de cette trame toute de vacuité en dit long sur l’inadéquation totale avec les attentes du public d’aujourd’hui, lequel ronge son frein en regardant sa montre …

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2 commentaires pour Usé jusqu’à la corde

  1. Bruletet Francine dit :

    Monsieur le fan présumé de Tintin , votre critique me laisse tout bonnement pantoise … n’auriez vous pas pendant un court instant oublié que le spectacle qui vous a navré était joué par une troupe d’amateurs , sans budget , sans subvention fournie par un groupement de pseudo-intellectuels , protecteurs de l’art , du vrai Art avec un grand A . votre critique me navre et plus que ça même , vous n’avez visiblement pas l’esprit nécessaire , le recul pour voir ce genre de spectacle , n’hésitez pas à vous abstenir de vous déplacer à l’avenir surtout si c’est pour mettre plus bas que terre un groupe de personnes qui n’ont de but que de nous faire passer un bon moment avec les moyens dont elles disposent .
    J’ai moi même vu le spectacle , je l’ai vu le soir de la première , j’ai passé un très bon moment même si tout comme vous je n’aime pas ce genre de pièce avec quiproquos en tout genre , je salue la bonne volonté des comédiens , la bonne humeur , la joie qui les anime .
    C’est peu de dire que je trouve votre critique honteuse .

  2. Xavier dit :

    Je viens de prendre connaissance de votre critique sur la pièce jouée cette année par la Troupe des jeux dits, « Le fil à la patte » de Feydeau.
    Je n’ai pas le plaisir de vous connaître, cher monsieur, mais j’ai hate…
    Je vous dirai combien la forme me rappelle ces dissertations de collegiens où l’on retrouve 3 adverbes par phrase, pour atteindre la « double page ».
    Au delà de la forme, qui fait ressembler, à s’y méprendre, votre texte à ce que j’appellerai de « la masturbation intellectuelle de quelqu’un qui s’ennuie », je m’interroge sur le fond.
    Que vous n’ayez pas passé un bon moment, je l’entend parfaitement.
    Que vous vous pensiez legitime à donner votre avis, allez…
    Mais, par pitié, quand vous commettez des critiques sur des pièces de théâtre jouées par des amateurs, faites un peu preuve d’empathie…
    Une critique, c’est utile, quand ça éclaire les gens qui veulent sortir, se divertir, sur des spectacles, souvent subventionnés par les deniers publics, dont il vont payer cher le ticket d’entrée, pour rémunérer des comédiens professionnels.
    Vous, vous vous adonnez à un exercice bizarre qui consiste à dezinguer des spectacles montés par des amateurs, sans doute parce que la vie culturelle, en Aveyron, n’est pas assez riche pour vous permettre de deverser tout votre fiel…
    Vous etes-vous demandé comment pouvaient être reçus vos propos par des gens qui ne font que pratiquer leur passion et qui paient pour ça ; par des gens qui vont effectivement acheter leurs costumes eux-mêmes, chez Emmaus ; par des gens qui ont des enfants, des familles un boulot et qui prennent du temps sur leurs vies personnelles pour bricoler un decor, repeter et apprendre leurs textes  ?
    Je ne crois pas. Car si vous aviez fait cet effort intellectuel, vous ne ressembleriez pas à mes yeux à un père qui dit à sa fille de 12 ans, à la fin de son spectacle de danse de fin d’année, qu’elle a éte nulle…
    Xavier.

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