Alter éco

imagesUn spectacle qui fait le pari de la clairvoyance et de la finesse d’esprit pour parler aux spectateurs, l’humour teinté d’ironie douce-amère pour provoquer réflexion et analyse, voila qui n’est pas banal, le tout, qui plus est, pour parler économie, mondialisation et exploitation éhontée des populations pour le seul bénéfice de quelques-uns…une thèse qui fait aussi bien écho au manifeste des Économistes atterrés, aux espoirs de Nuit debout qu’une brillante digression sur la répartition toujours plus inégalitaire des richesses, le monde du travail et ses rapports de force avec le capital… C’est dire si les exemples choisis, les arguments, et la démonstration volent à haute altitude. Malicieuse et pince sans rire, air faussement candide et œil gourmand, Audrey Vernon déroule avec beaucoup d’aisance un one-woman-show d’une rare intelligence qui remet en cause l’égoïsme des privilégiés, le modèle dominant du CAC 40 triomphant jusqu’à l’obscénité d’une infime poignée de patrons plus riches que riches. Le suicide comme variable d’ajustement dans l’entreprise, l’obsession du profit coûte que coûte, la géopolitique sans scrupule qui ruine ici les ouvriers, là un pays tout entier, ailleurs encore compromet à jamais l’environnement, autant de vérités implacables dénoncées d’une voix douce, ce qui démultiplie d’autant les horreurs sous-jacentes. Qu’une poignée de gens possèdent plus que 50 % de l’ensemble de la population mondiale, que l’injustice et la corruption se soient progressivement imposées comme les nouvelles composantes d’un système qui la révulse, voila ce dont elle nous prend à témoin, elle qui, demain, en épousant le 33 ème homme le plus fortuné d’après le magazine Forbes, va basculer dans un autre monde. Sauf qu’avant de sauter le pas, elle a un sursaut de lucidité, et froidement s’interroge à haute voix sur nombre de dérives de notre époque. Les clichés de quelques-uns de ces patrons carnassiers, un numéro de «How to spend it?» un authentique magazine plein d’idées qui vous aide à dépenser en quelques minutes ce qu’un salarié lambda ne gagnera pas pendant toute sa vie, sont autant d’accessoires qui distillent malaise, causticité et mordant pour notre plus grand plaisir. «Comment épouser un milliardaire», est maintenant un spectacle bien rodé, déjà récompensé et qui tourne depuis plusieurs années, il a même été publié en version papier en 2015, une consécration indéniable pour une comédienne qui a beaucoup de talent.                                                           On ressort de ce dernier rendez-vous de la saison à La Baleine à la fois réjoui par ce que l’on vient de voir mais aussi triste, immensément triste, car c’est peut-être la dernière fois avant bien longtemps que l’on s’est assis dans cette salle que la nouvelle municipalité d’Onet a choisi de sacrifier, un gâchis invraisemblable contre la culture !!!

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