Grand cru

téléchargementWoody Allen au meilleur de sa forme, pétillant autant qu’angoissé, virevoltant d’un personnage à un autre, où la nostalgie se teinte d’humour désabusé, où comment d’ un scénario qui tourne autour des émois et dessillions amoureuses on peut tirer un film brillantissime. On retrouve bien sur, et pour notre plus grand plaisir, toutes ses obsessions qui sont autant de marque de fabrique, les petites lâchetés des uns, la vantardise des autres, et surtout la fragilité de tous. Des passions contrariées, du spleen existentiel, le cinéma omniprésent, le jazz ouaté qui enveloppe chacun, le temps qui fuit et érode les relations humaines, les hésitations des cœurs, le décor authentique de New York face à celui plus factice des studios californiens, etc… Et bien sur son double lequel est empêtré dans des histoires sentimentales aussi tristement alambiquées que délicieusement cruelles… autant de situations qui lui permettent de donner libre cours à des dialogues particulièrement malicieux. «  Café Society » se sont les années 30 sublimées, des couleurs sépia ou mordorées, le clinquant d’Hollywood et ses bimbos aussi bien roulées que toutes de vanité, et la fascination que voue au septième art un tout jeune homme fraîchement débarqué sur la côte ouest. Lui est originaire d’une famille juive castratrice de bijoutiers du Bronx où il étouffe entre notamment deux beaux-frères envahissants totalement aux antipodes, l’un caïd ambitieux de la pègre locale aux méthodes expéditives et l’autre profil intello à toujours argumenter quoi qu’il arrive. Il décide donc de s’émanciper de cette atmosphère familiale pour débouler sans crier gare chez un oncle, lequel dirige un agence réputée que fréquentent toutes les plus grandes stars de cette époque. S’il tutoie les uns au téléphone ou dîne régulièrement avec les autres, c’est l’archétype du producteur incontournable, une caricature de tycoon dans toute sa puissance, aussi arrogant professionnellement qu’en totale déroute sentimentale, car il a, entièrement dévouée à son service, une jeune secrétaire, Kristen Steward, aussi rayonnante qu’incroyablement attirante, laquelle se retrouvera au centre de ce triangle amoureux inédit, d’où quiproquos savoureux et autres situations inconfortables… Un charme exquis, une extrême élégance pour dire les espoirs déçus ou les petits arrangements, telle est la recette de ce film tout de subtilité et de grâce dont on sort gourmand de tous les plaisirs de la vie. À voir absolument.

 

 

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Un commentaire pour Grand cru

  1. Mandy dit :

    Félicitations pour ce post 🙂

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