Gott mit Uns

12_HM_21MAI16L’Heure Musicale n’ayant plus comme lieu de ralliement régulier la Chapelle Royale pour cause de travaux de rénovation nécessaires, il faut à chaque fois trouver une autre salle où se replier. Hier en fin d’après-midi le rendez-vous avait donc était fixé à l’église Saint-Amans pour un concert consacré à Heinrich Schütz, caractérisé, d’après le programme distribué à l’entrée comme « l’un des plus grands compositeurs allemands à la charnière de la Renaissance et du Baroque » On aurait pu aussi définir ce concert comme une synthèse entre liturgie et musique sacrée, car c’était Noël en plein mois de mai avec notamment au programme l’Histoire de la nativité, et brefs intermèdes genre catéchisme en version accélérée où l’on vous dit tout sur la naissance du christianisme, puis ce sera des « Petits concerts spirituels » de la même veine et pour terminer un Magnificat en double version en allemand puis en latin où les paroles alléluia ou amen se répondent à l’infini… En ces périodes où les scandales en tous genres, voir par exemple celui frappant le diocèse de Lyon, se multiplient, on pourrait voir cela comme une tentative de réhabilitation en bonne due et due forme d’une communauté en proie aux doutes… voire plus insidieusement comme une remise en question de la laïcité protectrice… Le contexte historique était certes tout à fait différent, la séparation de l’Église et de l’État pas encore prononcée, ni ratifié le Concordat en Alsace-Lorraine, il n’empêche que par moments on se serait davantage senti enfermé à la Chapelle Sixtine, en plein conclave réuni pour définir et promouvoir les règles apostoliques bien traditionnelles, plutôt que celles de la théologie de la libération, laquelle engagée socialement et politiquement compte pourtant bon nombre de fidèles…Pour mettre en valeur ces musiques un peu surannées et par trop uniformes, les chœurs du Conservatoire départemental de l’Aveyron et régional de Toulouse étaient réunis et dirigés par Rolandas Muleika, égal à lui-même, des chanteurs vraiment au top, quasi en extase, avec des solistes de choix et un orchestre impeccable, où certains instruments anciens présentés au public tels le sacqueboute ou le cornet à bouquin suscitaient l’émerveillement. On peut juste s’étonner que pour les musiciens, les professeurs de Rodez n’aient pas été eux aussi associés… En résumé un récital de haut vol qui témoigne d’un énorme travail en amont mais…

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