Entre Aubrac et pampa

téléchargementUn rendez-vous pluriculturel pour célébrer une fois encore l’épopée de Clément Cabanettes, François Issaly et les 40 familles aveyronnaises qui ont fait à la fin du XIXéme siècle le pari de l’exil en s’embarquant pour l’Argentine en quête de meilleures conditions de vie, voilà l’essence de la soirée d’hier proposée à l’auditorium de l’école de musique. Une traversée éprouvante pour des terres lointaines où tout était à inventer, les premières années très difficiles avec des récoltes désastreuses ou insuffisantes, la volonté, la ténacité, la persévérance et la solidarité de toute une communauté permettront de relever cet incroyable défi. Aujourd’hui Pigüe est devenue une ville de prés de 15 000 habitants où l’on peut encore entendre parler français, voire même occitan, et où lors de la fête annuelle qui commémore la fondation de la cité, c’est l’occasion de reprendre en chœur tel un hymne identitaire le chant séculaire « Se canta »… Un melting pot qui met en abîme littérature, musique et documentaire, une symbiose pluridisciplinaire entre spleen et souvenirs, mémoires et projets, où passé et présent nourrissent l’avenir. On croise ainsi un jeune auteur de nouvelles venu renouer avec les racines familiales, Guillermo Roz, lequel présente son roman « Malemort, el impotente » un livre inspiré par cette histoire fondatrice avec son personnage principal hanté par cette odyssée devenue légendaire, mais aussi « Duelles » un duo de profs du conservatoire, violoncelle et accordéon, pour prolonger le voyage et in fine les premières minutes d’un film encore inachevé sur l’actuelle Pigüe avec de nombreux témoignages recueillis auprès des descendants de ces pionniers rouergats. La mélancolie des tangos fait écho au récit romanesque, les états d’âme tourmentés du héros résonnent d’envolées impétueuses ou douloureuses… et des accents tziganes prolongent à merveille l’universalité du déracinement. Les intermèdes musicaux sont parfaitement en phase avec les extraits que lit l’auteur, du timbre de voix chuintant aux notes toutes de douceur nostalgique, c’est l’Argentine réelle ou fantasmée qui défile dans notre imaginaire, très vite remise en perspective par les images du documentaire très actuel qui clôturera ce moment à l’initiative de l’Association Rouergue Pigüe. Un grand moment bruissant d’authenticité.

 

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