Cordes et âme

09_HM_02AVR16 (1)Il va falloir s’y habituer. La Chapelle Royale étant indisponible pour une période indéterminée mais vraisemblablement très longue– on sait déjà que même cet été il ne sera pas possible de la visiter, qu’il faut que l’architecte des Bâtiments de France fasse son diagnostic, que les travaux nécessaires soient ensuite budgétisés puis réalisés …. en clair « la réouverture n’est pas pour demain » pour citer un élu du Conseil Départemental propriétaire des lieux, il a donc fallu improviser dans l’urgence pour terminer la saison musicale en cours du Conservatoire de Musique. Après l’auditorium Sainte-Catherine, place hier à la Menuiserie chez Jeanne Ferrieu, un espace atypique qui a une âme, propice aux activités culturelles les plus diverses. Depuis fort longtemps on s’y presse pour des concerts, des expositions, des représentations théâtrales etc… dans un décor chaleureux et intime autour d’un poêle à bois qui a traversé les âges, un mobilier hétéroclite et disparate mais une vraie atmosphère empreinte d’ authenticité et de passions. Invités hier, plusieurs guitaristes qui jouent autant sur leur complicité que sur leur complémentarité pour proposer un répertoire qui va du classique au contemporain. Le «Grand duo »de Napoléon Coste en ouverture tout en élégance et chatoiement, sera suivi de plusieurs pièces de Joaquin Rodrigo, le compositeur du célébrissime Concerto d’Aranjuez pour des moments entre inspirations aériennes et sautillantes ou passages plus doux et soyeux. Puis, enfin, en formation trio, une composition personnelle de Thierry Pagès, l’un des trois interprètes, mélange de sonorités hypnotiques, de rythmes syncopés ou plus harmonieux, des notes toutes de nuances et de poésie mais aussi empreintes de mystère. De Dédale en Icare, on voyage ainsi de quête éperdue en envolées plus intimistes, une suite de mouvements qui permettent à chaque membre du trio d’exprimer sa personnalité. Ils termineront en bonus avec une œuvre de Vivaldi écrite à l’origine pour mandolines. On s’étonnera juste de les voir si souvent changer régulièrement de place, intervertir les pupitres etc… volonté de ne pas mettre l’un plus en lumière que ses comparses, ou signature de mise scène volontairement différenciée, on ne sait…Un concert subtil et nuancé qui a fait le plein.                                       Prochain rendez-vous le vendredi 15 avril cette fois à 19 heures à l’auditorium avec « Un monde de harpes » sous la direction de Clémence Aguila, un spectacle interprété par l’ensemble des élèves de cette section.

 

 

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