À point

téléchargementUn documentaire équatorien multiprimé en 2014 aux Rencontres Cinélatino de Toulouse était projeté à la médiathèque de Rodez , ce jeudi à 18 heures, comme de coutume deux fois par mois,  « des films pour explorer le monde qui nous entoure » pour reprendre la belle formule du programme. Ce film «  El grill de César » du metteur en scène Dario Aguirre, lequel a fait ses études de cinéma à Hambourg où il a notamment bénéficié de l’enseignement de Wim Wenders, nous prend à témoin, au travers de l’histoire du petit fast-food d’un quartier populaire que manage plus mal que bien son père, de la relation en pointillés qui s’est installée voire enkystée entre ces deux personnes. Tandis que ses parents essayaient de vivoter avec leur commerce familial, lui, le fils, végétarien qui plus est, vivait depuis plusieurs années en Europe et leur seul lien fragile se résumait à des conversations très épisodiques via skype. Jusqu’au jour où mauvaises affaires aidant, le rejeton se décide à revenir sur sa terre natale et cache sous prétexte de redresser la boutique, volonté et détermination de renouer les liens d’une relation par trop distendue. Derrière le surendettement et les difficultés financières bien réelles se joue devant la caméra une partie autrement plus symbolique, l’intime d’une relation filiale, où, par excès de pudeur surtout, ni l’un ni l’autre n’arrivent à vraiment communiquer sur l’essentiel: la place de chacun dans les yeux et le cœur de l’autre. Une intrigue qui sert surtout d’introspection existentielle, du réalisateur bien sûr dans sa quête fondamentale, mais pas seulement, car il arrive à nous impliquer en tant que spectateur et in fine à devenir aussi en partie complice et acteur du dénouement. Transformer un questionnement personnel en problématique universelle qui interroge chacun sur sa place dans la chaîne de l’histoire familiale, le respect de ses géniteurs mais aussi en parallèle et tout aussi importante pour se construire, la nécessité de couper le cordon…autant de réflexions à peine suggérées et tout en nuances qui donnent à ce long métrage une saveur très particulière quelque peu psychanalytique: entre nostalgie et amertume, chaleur humaine et profonde admiration pour comprendre le quotidien de ceux que l’on a oubliés, négligés ou abandonnés pendant trop longtemps non par égoïsme mais par les aléas de sa vie personnelle…                                                                                                                                       C’est dire si ce film est bien plus qu’une chronique anecdotique, il ouvre nombre de perspectives qui ne demandent qu’à trouver un écho en chacun de nous.

 

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