Habeas corpus

afficheDenis Mukwege, Docteur Denis Mukwege, gynécologue mondialement reconnu pour son action en faveur des femmes victimes de violences sexuelles est le personnage central du documentaire du réalisateur belge Thierry Michel et de Colette Braeckman , spécialiste de la région des Grands lacs au quotidien Le Soir de Bruxelles et chroniqueuse dans Le Monde Diplomatique. « L’homme qui répare les femmes: la colère d’Hippocrate » suit ainsi le parcours d’un homme incroyablement dévoué qui a créé à Bukavu sa région natale dans l’est de la République Démocratique du Congo, l’hopital Panzi lequel a traité plus de 40 000 patientes depuis 16 ans. Situé proche de la frontière avec le Rwanda et le Burundi, la région n’est pas sortie indemne de la guerre civile de 1994 qui faisait rage entre Hutus et Tutsis chez ses voisins, conflit qui s’est soldé par un génocide de plus de 800 000 victimes. Le viol collectif systématique, la barbarie et les mutilations, les massacres et les exactions les plus abominables sont devenues des armes de destruction massive de la population. Menacé de mort, son domicile incendié, il part en exil quelque temps avec sa famille en Europe, mais il ne résistera pas longtemps à l’appel des femmes du Kivu, lesquelles se sont même cotisées pour lui payer son billet de retour en vendant sur les marchés ananas et autres produits agricoles! Depuis il vit enfermé dans son hôpital sous protection des Casques Bleus des Nations Unies qui l’escortent en permanence car il est devenu un témoin de premier plan qui dérange en haut lieu. Il dénonce en effet sans relâche l’impunité des coupables, milices diverses mais aussi armée régulière, qui prospèrent au vu et au su de tous les responsables du régime corrompu, pillant les immenses ressources minières de ce pays parmi les plus pauvres du monde, aux infrastructures indispensables quasi inexistantes, alors qu’il pourrait bénéficier de cette manne immense que lui procure les matières premières dont le sous-sol regorge. Le film se fait l’écho de témoignages aussi fragiles qu’insoutenables qu’une voix off remet sans cesse en perspective, des nombreux discours du médecin qui cumule les distinctions internationales parmi les plus prestigieuses et de son combat inlassable au quotidien pour redonner espoir et dignité à toutes ces femmes « qui sont l’avenir du pays ». Sans pathos ni image choc, de longs travellings sur les paysages verdoyants, de l’opéra en fond sonore, ce portrait infuse de courage, de pudeur et de respect.                                                                                                                                                            À l’issue de la projection d’hier soir en avant-première, s’engageait un débat très animé avec des représentants de La Ligue des Droits de l’Homme, du Planning Familial et d’une association locale engagée dans du partenariat en Afrique. Ce film qui est aussi soutenu par Amnesty International est encore à l’affiche cette semaine. Impossible de passer à côté.

 

 

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Un commentaire pour Habeas corpus

  1. nathalie dit :

    C’est un film dont on ne sort pas indemne !

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