Sarajevo, mon amour

affiche-snimer-avenueIls ne manquent ni de volonté, ni de courage, ni d’héroïsme du quotidien pour essayer de survivre dans le chaos de la guerre civile qui embrase leur ville Sarajevo… Tout commence au printemps 1992, à peine la partition de l’ex-Yougoslavie entérinée par les instances internationales, que débute le siège de la ville, laquelle était connue pour être un modèle de relations interethniques et avait connu son heure de gloire en accueillant les Jeux Olympiques d’hiver en 1984. Dès lors commence un calvaire de 1300 jours qui durera jusqu’aux accords de Dayton avec ses milliers de victimes civiles, de disparus et de personnes déplacées. Une famille coincée au cœur d’un pays qui n’existe plus, où pratiquement plus rien ne fonctionne, ni eau, ni gaz… ravitaillement aléatoire et aide internationale dérisoire pour survivre… Le père veuf qui veut croire que tout cela va finir très vite et que la vie d’avant renaîtra de ses cendres, ses trois filles: l’aînée, mère d’un petit garçon de 9 ans, devenue l’âme du foyer et ses deux sœurs plus jeunes, l’une fiancée à un soldat parti au front, l’autre révoltée permanente contre tout et tous…C’est leur vie de tous les jours qui nous est contée au travers de lettres que chacun déclame tout à tour: une existence rythmée par le rationnement, la queue au seul point d’eau de la ville encore en fonction, les tirs sporadiques ou plus nourris qui éclatent à n’importe quel moment… ou le gâteau d’anniversaire quasi immangeable confectionné par les « pâtissières de guerre »… Sonia Ristic, l’auteur de cette pièce née en 1972 dans le pays sous régime de Tito sait, au travers de ces instantanés du quotidien, rendre palpable l’indicible, la peur omniprésente, la mort qui rôde et à laquelle on ne s’ habitue jamais ou les proches exilés qui ne peuvent pas comprendre ce qui se passe… l’âme d’une ville, jadis Babel heureuse, que tous ont chevillée au plus intime. « Sniper avenue » de sinistre mémoire, c’est ainsi rendre hommage via des personnages de chair et d’émotions à ces héros de l’ombre, surtout les femmes, qui patiemment tisent et retissent inlassablement les liens tenus de la fragilité humaine. La mise en scène fluide et subtile d’ Emma Savy et Garance Smith-Vaniz, lesquelles sont aussi sur scène avec leurs jeunes camarades de la troupe des Nains Connus, donne à ce moment de notre histoire contemporaine le souffle d’authenticité qui transcende ces témoignages pudiques en leçon d’Humanité.                       Ce spectacle présenté hier dans le cadre du Festival ThéâtraVallon de Marcillac  sera rejoué mercredi 9 mars à 19 heures 30 à la M.J.C. de Rodez, un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte.

 

 

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