Jour de l’an

an_les_delices_de_tokyo_filmDans  une petite échoppe de quartier, à Tokyo, tenue par un cuisinier entre deux âges, plutôt bourru et renfrogné mais qui ne demande qu’à fendre l’armure, se retrouvent régulièrement de jeunes collégiennes en uniformes et jupettes lesquelles viennent s’y régaler de dorayakis, genre pancakes fourrés avec de la pâte « an » sorte de compotée sucrée de haricots rouges confits. Un jour, sonne à sa porte une vieille dame, aussi menue que toute ridée qui vient proposer ses services. D’abord réticent, il hésite à l’engager pour l’aider à confectionner ses en-cas, mais comme elle revient à la charge, il accepte… Par bonheur, sa recette personnelle faite avec un tour de main incroyable et un savoir faire quasi ancestral, se révèle fabuleuse et les consommateurs se pressent chaque jour davantage pour venir faire leurs emplettes. Sauf que la facétieuse grand-mère cache un terrible secret derrière ses mains noueuses et déformées que de mauvaise langues s’empressent de divulguer jusqu’à faire fuir la clientèle… Depuis des décennies elle vit recluse à l’écart du monde, s’abandonnant souvent à la contemplation de la lune ou des cerisiers en fleurs avec qui elle dialogue volontiers… Une relation très forte va vite lier ces deux héros, entre filiation et respect , tendresse et pudeur, le tout filmé avec une extrême douceur… « Les délices de Tokyo » c’est l’ adaptation d’un roman de Durian Sukegawa qui nous fait découvrir un Japon souvent peu représenté au cinéma, celui des humbles, des sans grade et des exclus. L’intrigue très resserrée autour de cette petite bicoque permet à la réalisatrice Naomi Kawase de nous en dire beaucoup sur son pays. Des images très léchées, un scénario qui prend son temps pour brosser des portraits tout en nuances et en délicatesse de personnages très attachants, une mise en scène presque minimaliste d’une extrême élégance, tout pour traduire sans pathos mais avec une émotion à fleur de peau, la fragilité et les failles les plus intimes de chacun. Le terrible traumatisme jadis vécu par l’adorable mamie fait écho aux douleurs mal cicatrisées de ce cuistot qui végète dans sa cahute, toujours à la merci d’une propriétaire qui l’exploite sans vergogne. Cette histoire d’amitié toute de simplicité et de grâce transcende les individus pour devenir in fine un hymne à la solidarité et au respect des différences qui fait chaud au cœur. Le film à voir, en V.O. bien sûr, est encore à l’affiche demain et toute la semaine prochaine.

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