Dancing queen

téléchargement (1)Elle mériterait bien ce surnom Dalila Cortes, une danseuse contemporaine riche de deux cultures familiales, française et latino-américaine, laquelle anime avec fougue et enthousiasme une conférence dansée « Le tour du monde des danses urbaines en 10 villes » présentée aujourd’hui jeudi à la M.J.C. de Rodez, l’après-midi pour les scolaires et en soirée pour tout public. Plus qu’une simple découverte de chorégraphies au nom très exotiques comme le « Pantsula » originaire des ghettos de Johannesburg, le « Pasinho » venu tout droit des favelas de Rio ou le «  Kuduro » originaire d’Angola, c’est à une histoire vivante, trépidante et passionnée de ces danses qui sont apparues ces dernières décennies que l’on est convié. Pour chacune d’elle, avec vidéos à l’appui sur grand écran en fond de scène, un bref rappel du contexte politique ou social qui les a vu naître et/ou se développer, puis en direct live elle exécute avec brio et une incroyable agilité une série de ces mouvements qu’un œil non averti aurait vite tendance à trouver tous semblables, chaotiques et désordonnés, ce qu’ils ne sont absolument pas. Telle Fregoli ou Arturo Brachetti, elle se métamorphose en ballerine caméléon, en combinaison fluo bigarrée, en tenue sexy talons hauts et perruque incandescente, ou survêtement baggy et sweat à capuche, incarnant méthodiquement chaque gestuelle et chaque posture, l’amplifiant, la décortiquant ou la détournant, mais toujours la situant dans le contexte qui l’irrigue. Tant, via les vêtements dont elle s’affuble que par le style musical, ou les pratiques évoquées, elle dresse un panorama non exhaustif bien sûr, mais particulièrement documenté et très pédagogique des ces danses qui, via internet, notamment se sont disséminées. Une histoire interconnectée entre différents continents ou diverses micros sociétés, et qui ont voyagé dans les bagages des migrants le plus souvent. Ces danses urbaines ont le plus souvent été nourries par les injustices ou la ségrégation et « inventées dans de grandes cités cosmopolites, forgées par les nombreuses vagues d’immigration forcées ou volontaires… et façonnées par les inégalités sociales » pour bousculer l’ordre établi. D’essence essentiellement individuelle, mais aussi parfois sous forme de battles entre groupes qui se défient ou se jaugent, ces mouvements violents ou plus chaloupés trouvent leurs racines dans l’Histoire de populations ou de cultures très diverses.                                                                                       C’est un patchwork de sons et d’images qui donne à ce style de danses souvent méprisé ses lettres de noblesse.Une performance/spectacle très réussie.

 

Publicités
Cet article, publié dans Divers, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Dancing queen

  1. Dalila dit :

    Je découvre cet article aujourd’hui seulement.
    Merci infiniment
    Dalila

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s