Rixes et périls

téléchargementÉnigmatique, mystérieux et hybride, voilà comment on pourrait qualifier le spectacle proposé hier en soirée à la M.J.C. de Rodez. « Bataille » ce n’est ni tout à fait de la chorégraphie, ni du spectacle de rues, ni une succession de cascades plus ou moins inspirées, ni du sport de combat, c’est un peu tout à la foi, un enchevêtrement de désordre organisé et de confrontation physique entre deux protagonistes, le tout modulé par une alternance de percussions corporelles ou d’entrechats version tout en muscles. Ce mélange inattendu se traduit aussi bien par des duos/duels qui hésitent entre guérilla de voyous éméché et ballet provocateur, corps à corps sensuels ou relation amoureuse tendance sado-maso revendiquée. Deux artistes face à face, lesquels se cherchent, se toisent, se mesurent, s’apprivoisent, s’esquivent ou se repoussent, mais qui ne peuvent exister l’un sans l’autre. Des gestes maîtrisés jusqu’à l’absurde, des roulés-boulés, des effusions lors de retrouvailles ou de bravade vengeresse, c’est un hommage, volontaire ou non, à l’esprit faire-valoir des films burlesques du temps du muet genre Charlie Chaplin/Henry Bergman, mais revisité avec la décontraction de l’air du temps, en mode bienveillant des buddy movies. Complémentarité, connivence, rythme toujours plus rapide, tout doit s’enchaîner à grande vitesse pour garder le spectateur en haleine… sauf que, malgré tous les efforts des deux artistes sur scène, ça ne fonctionne pas vraiment. Il y a trop de temps morts, de poursuites vaines, de défis trop attendus, un paradoxe pour une telle prestation qui supposerait avant tout une mécanique bien rodée à la précision de métronome. Les deux artistes de la Compagnie Dernière Minute, l’un genre grand escogriffe aux mimiques de dandy, l’autre plus trapu et athlétique, ne manquent pas d’abattage dans tous les sens du terme, y compris en rajoutant au besoin un peu d’hémoglobine sur un tapis blanc immaculé pour décupler les effets, mais cela semble souvent lointain et peu vraisemblable. Ces variations sur la relation à autrui avec son lot d’ambivalences, de conflit potentiel ou de franche camaraderie, en condensé du quotidien de la vie sociale se trouve par trop caricatural, on ne se sent pas concerné ou si peu… Dommage.

 

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