D’amour et d’eau fraîche

téléchargement (1)C’est une représentation aussi  époustouflante qu’inédite que proposait hier soir La Baleine. « Questcequetudeviens ? » est la symbiose particulièrement réussie de l’eau et du feu, la fougue d’une artiste de flamenco éperdument passionnée, laquelle trace d’élégantes arabesques sur un parterre d’eau, les gerbes jaillissant sous chaque coup de talons, pour de longues séquences de zapateado plus effervescentes les unes que les autres. Un décor baroque entre baraque de chantier et salon de peep-show avec sa façade vitrée ouverte sur l’extérieur et une autre perpendiculaire entièrement recouverte de miroirs du sol au plafond où se croisent, s’entraînent ou se toisent un chanteur à la voix ténébreuse, un guitariste filiforme et une danseuse d’une virtuosité incroyable. C’est sa quête existentielle et son cheminement intérieur que l’on va suivre pas à pas, c’est vraiment le cas de le dire, plusieurs mues successives où elle se débarrasse très vite de la  traditionnelle robe écarlate toute de frou-frous  pour finir drapée d’un fourreau noir d’une sensualité exacerbée tant il lui colle à la peau, entre Esther Williams sirène à l’esthétisme hollywoodien, la naissance de Vénus de Botticelli, et une James Bond girl frémissante. De la grâce, du style, une maestria stupéfiante, un soupçon de narcissisme jouant avec son reflet dans l’eau ou devant la glace pour mieux éclairer sa part d’ombre et d’opacité, c’est à un ballet magnifique de bout en bout que l’on est convié. Une chorégraphie entre évanescence et détermination, fragilité et plénitude soutenue par des notes tantôt cristallines tantôt énigmatiques à souhait et une voix qui multiplie les vibratos tous d’énergie plaintive. Ce spectacle d’Aurélien Bory écrit spécialement pour Stéphanie Fuster se révèle un ovni scénique exceptionnel, initiatique et charnel particulièrement émouvant qui revisite totalement ce genre musical aux puissantes racines sociales et culturelles… toutes choses que le maire d’Onet n’aura pas eu le plaisir de contempler, lui qui brille si souvent par son absence de cette salle magnifique dont il veut nous priver.                                                                                                                                               Une soirée mémorable.

Publicités
Cet article, publié dans Divers, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s