Panem et Circenses

 

téléchargement (1)C’est un documentaire aussi édifiant que sans concession sur l’envers du décor de la Chine actuelle qui était projeté hier en fin d’après-midi à la médiathèque de Rodez. « Circus school » suit ainsi sur une longue période plusieurs jeunes enfants, lesquels viennent d’intégrer l’école du cirque de Shanghai, une des plus prestigieuses de l’Empire du Milieu. Un parcours qui suppose de mener de pair pendant plusieurs années, une scolarité des plus classiques et des heures et des heures d’un entrainement intensif, voire souvent au-delà des limites du supportable, quasiment des séances de torture  pour des jeunes à partir de 8/9 ans et jusqu’à des ados autour de 16/18. On s’attache plus particulièrement à deux groupes : l’un de trapézistes volants qui  essaient de mettre au point un numéro avec vrilles, sauts périlleux et saltos qui défient les lois de la pesanteur et des acrobates qui travaillent pour mettre au point  une pyramide vertigineuse… De rares moments de détente pour s’adonner aux jeux de leur âge, lire, chatter sur leurs portables ou rêvasser, et, en face, la pression constante de la direction de l’établissement, encadrement, profs et même les parents bien sûr pour qui cette école est avant tout un ascenseur social. Suer à grosses gouttes, s’éterniser au gymnase toujours plus, subir sans mot dire les remarques plus que désagréables d’entraîneurs jamais satisfaits, des menaces et même diverses formes de chantage, voilà le quotidien de ces jeunes élèves et de leurs familles. Le cirque en Chine est affaire d’état, une question de stratégie géopolitique autant que diplomatique pour asseoir son rôle de grand puissance mondiale et donc on ne badine ni avec la discipline digne d’un régiment d’élite ni avec l’obéissance absolue à l’autorité. Il y est question « d’obligation de résultats … de valeurs…d’exemplarité et de compétitivité », et peu importe qu’il faille pour cela martyriser les corps et les esprits de ces jeunes. «  Je ne suis pas née pour ça, c’est vous qui me forcez »  essaie d’argumenter en vain une jeune artiste, avec pour seule réponse plus de travail physique, plus de souffrance et de douleurs, et pire un certain mépris… The show must go, encore et toujours car c’est toute l’école qui joue chaque année sa réputation, son honneur et in fine son financement et donc sa pérennité. Une tournée aux États-Unis ou une invitation au Festival international du Cirque de Monaco deviennent des obsessions et un enjeu qui les dépasse tous !!! En contrepoint on voit aussi les accidents corporels, les blessures aux lombaires ou aux cervicales qui nécessitent de lourdes opérations…les coulisses inavouables de ces numéros aussi exceptionnels que surhumains.                        Un témoignage remarquable.

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