Plat du jour

téléchargement (1)Il planait en ce début d’année à La Baleine une atmosphère un peu surannée, au sens de décalée, et quelque peu hors du temps. « L’idéal club » présenté hier soir par la Compagnie 26 000 couverts est un spectacle atypique, lequel fait la part belle à l’autodérision, au grand n’importe quoi où tout est possible -le meilleur comme le plus farfelu-, avec une bonne dose d’humour non-sens, mais aussi quelques canulars de patronage. Tout sauf improvisé, ce genre est éminemment périlleux car la limite est toujours ténue entre la situation aussi hilarante que foutraque et l’inconsistance auto satisfaite. Ici il y a un peu des deux. Le décor recrée la nostalgie des débuts du music-hall, ses numéros de cabaret en tous genres soutenus par un orchestre live qui s’aventure avec bonheur et  beaucoup d’entrain dans tous les styles. Les sketchs s’enchaînent, accompagnés de bruitages adéquats et/ou de lumières approximatives ou en folies, la panoplie des costumes est démentielle: entre moines Shaolin et cowboys d’opérette, cartons d’emballages ou justaucorps moulants mauves et brillants, les accessoires y compris virtuels sont à profusion, la complicité entre la douzaine d’artistes évidente, mais la sauce ne prend pas toujours. Le mix burlesque revendiqué, clins d’œil malicieux, réflexions à l’emporte-pièce, gags récurrents ou pas, et séquences plus élaborées donne un résultat assez mitigé qui patine un peu trop souvent. « Textualité non narrative … jongleur de rien… lutin de l’inutile … » sic, trapézistes sans trapèze, dompteur d’animaux invisibles, crooneuse parodique ou concerto de scies musicales interrompu par une tronçonneuse pétaradante, grand chef indien en plein shamanisme, se côtoient ainsi dans un joyeux foutoir qui tient autant de la rubrique à brac de Marcel Gotlib que des sommets de l’absurde version Monty Python. Incontestablement certains passages sont franchement réussis, second degré et private jokes incluses, par exemple la (s)cène finale, d’autres beaucoup moins inspirés, et in fine on ressort dubitatif et pas vraiment convaincu par ce show multiforme. Si on ne s’ennuie jamais, on reste sur sa faim, ce qui est un comble si l’on se réfère au nom de cette  troupe.

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