Coulisses et coups d’éclats

téléchargement (2)Un metteur en scène en plein travail, à moins que ce ne soit en plein délire, la mégalomanie de la création ultime d’une pièce de théâtre mondialement connue et dont chacun a en mémoire une ou plusieurs versions sur scène ou au cinéma. «  Macbeth »  de Shakespeare  sera sa consécration, son chef d’œuvre  incontournable, le couronnement de sa carrière, aussi il y met beaucoup d’énergie, de paternalisme parano et de grandiloquence…tout pour satisfaire son ego surdimensionné et prendre l’ascendant sur ses acteurs forcement jamais assez à la hauteur de sa vision géniale de ce texte. Seul sur scène, avec juste en mains le story-board raturé, corné surligné, annoté, il déclame ses remarques judicieuses, ses attentes et ses affirmations définitives, sa logique tourmentée…ça bouillonne et ça cogite ferme, et salle allumée, il prend à témoin le public, lequel tient tous les rôles, du premier plan comme au simple figurant. Il se déchaine dans des envolées lyriques ou farfelues, sollicitant « l’imaginaire de l’acteur » autant que des formules complètement délirantes ou dérisoires c’est selon. Son théâtre de la transgression flirte avec l’irrationnel et le chaotique, l’esbroufe et le burlesque. Langage du corps, mimiques du visage, déplacements dans l’espace, diction bien précise, tout  est sous contrôle. Deus ex machina, il n’hésite pas à  convoquer à l’appui de sa rhétorique échevelée, l’expressionnisme de Murnau comme l’esthétique de Kurosawa,  les cartoons familiers comme la tragédie des Atrides, tout pour valoriser ses théories, y compris les plus nébuleuses. Et, en parallèle de temps à autre, projecteur plein feu sur lui, il incarne quelques-uns des moments les plus fameux  de « ce récit conté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien »… « Macbeth (the notes) » proposé hier à la Baleine  mise en scène de Dan Jemmet avec David Ayala dans ce rôle de démiurge complètement halluciné et prodigieux, se révèle, derrière une apparence foutraque,  une  admirable épopée toute de puissance et d’intelligence au cœur même d’un  travail de création entre certitudes et doutes. Et une fin paroxystique absolument incroyable conclut  magistralement ce  spectacle  proche de la perfection.

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