Poids plume

images (1)Une pièce singulière que celle jouée hier soir dans le petit théâtre de poche de Bourran habituellement réservé au théâtre du Chariot. Sur scène, un musicien qui joue en direct: guitare, pipeau et clavier, et un acteur, seul, absolument seul pour donner vie à une multitude. « Histoire d’un merle blanc » c’est à la fois une fable peuplée de tout un bestiaire et une allégorie, le parcours initiatique d’un oiseau rejeté parce que dissemblable, lequel se lance avec d’autant plus de force pour essayer de comprendre, de rencontrer ses congénères et in fine se découvrir, se révéler à lui-même dans toute sa complexité faite  de failles, d’incertitudes  mais aussi  avec la force incroyable qu’il puise au plus profond de son identité. S’affirmer pour être reconnu par autrui, emmagasiner de la confiance en soi pour aller vers les autres, aimer pour être aimé, c’est dire si le message est universel et d’une brûlante actualité. Alfred de Musset, considéré comme l’un des écrivains parmi les plus représentatifs de l’époque romantique, éclaire avec ce texte un moment particulièrement douloureux de sa vie personnelle, l’époque de sa passion déchirante avec George Sand dont il est follement épris et de ses désillusions d’auteur en proie au doute. S’il n’est pas le plus connu ni le plus étudié par les scolaires tant son œuvre est prolifique, ce récit déclamé à la première personne mais qui fait aussi écho à l’entourage, résonne avec d’autant plus de puissance, de trouble et d’émotions. Hugo Rezeda, simplement vêtu d’un ample pantalon blanc, torse et pieds nus, corps tout de sensualité, met une énergie toute en finesse et une fragilité bouleversante pour rendre palpables l’abandon, la détresse, la quête inlassable de celui qui vit sa différence comme l’évidence d’une fatalité ou d’une injustice, jusqu’au moment où il se métamorphose. De victime et de souffre-douleur, il se transcende en héros qui fait l’admiration de tous. De son combat pour exister devenu sa raison de vivre, de ses aventures tourmentées, il sortira rasséréné et avec une fierté retrouvée… autant d’atouts pour affronter sereinement l’avenir. Grâce au talent du comédien particulièrement juste, ce monologue devient un hymne vibrant de morale positive qui fait énormément de bien.   On peut encore voir la pièce ce soir à 21 heures, même lieu.

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