Le jour d’après

téléchargement (1)Il règne une atmosphère étrange, un peu irréelle à l’entrée du Krill samedi soir. On a appris dans l’après-midi l’annulation de l’Heure Musicale classique prévue à la Chapelle Royale, plus tard on apprendra aussi le report du spectacle de Black M programmé à l’Amphithéâtre. Présence policière discrète aux abords, fouille à l’entrée des sacs à main et tout le monde ne pense qu’à  ça. On chuchote, on a le cœur lourd, on ne peut se résoudre à y croire, beaucoup semblent somnambules en quête de chaleur humaine ou de fraternité. Les visages se font moins tristes quand on retrouve ici une connaissance ou  un ami, heureux de se retrouver dans la convivialité pour partager des petits moments de bonheur simple. Boire un verre entre copains, papoter de tout et de rien ou écouter de la musique, relever le défi en mémoire du Petit Cambodge, du Carillon ou du Bataclan…Quelques mots de Marie de Saxé, directrice de La Baleine en préambule: respect, détermination et émotions, tout est dit…                                                   Le concert va pouvoir débuter. Une première partie avec Strange Enquête, deux joyeux lurons farceurs qui portent marcel ou casquette de poulbot pour des textes lorgnant vers l’ironie pince sans rire, l’humour noir ravageur ou la poésie surréaliste, une découverte réjouissante pour donner le ton de la soirée: festive, enjouée et rigolarde, pour aller de l’avant sans rien oublier. Deuxième partie avec le duo Les Croquants, deux gaillards débonnaires et généreux qui proposent un revival de la chanson française dans ce qu’elle fait de mieux. On se love avec plaisir dans des mélodies intemporelles qui n’ont pas pris une ride. Les fantômes de Brel, Brassens, Gainsbourg, Félix Leclerc, Bobby Lapointe ou Bernard Dimey… se retrouvent pour une farandole débridée qui réchauffe les corps et les esprits. Décontraction bon enfant et  maîtrise impeccable, malice pétillante et gouaille de bon aloi, le tout réorchestré et inventif à souhait pour donner des fourmis dans les jambes et insuffler bonne humeur contagieuse et sérénité bienveillante. Kif à la guitare et Danito à l’accordéon, à la mandoline au violon ou au banjo, se démultiplient avec un enthousiasme communicatif, tout ce qui était indispensable pour métamorphoser ce deuil si lourd qui pesait sur chaque spectateur. Leur interprétation débridée redonne couleurs et vivacité à nos souvenirs d’enFrance. Une soirée de solidarité délicieuse et indispensable, dont on ressort plus fort et résolu que jamais…                                                                                    Ensemble. Fluctuat nec mergitur.

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