Billet de retour

téléchargementRendez-vous était donné au Krill hier soir avec Regards sur l’exil, une suite événements tout au long de ce mois  à l’initiative du Collectif des Réfugiés et d’Amnesty International en partenariat notamment avec la Cimade pour sensibiliser plus largement sur les questions  des Droits de l’Homme et les raisons qui poussent des populations à fuir leur pays. Une première soirée qui s’ouvrait par  une restauration de salades, quiches et autres desserts variés cuisinés par des bénévoles avant la projection de « Chantier A » un film coréalisé par Tarek Sami, Karim Loualiche et Lucie Dèche. Ce long métrage suit le retour en Algérie, plus précisément dans un petit village de  Kabylie du fils prodigue, lequel n’est pas revenu au bled depuis  plus de dix ans: « un retour en forme d’aller, pas simple » de celui qui est devenu cinéaste reporter. Longs plans fixes et travellings qui s’étirent, retrouvailles avec les uns et les autres qui multiplient les clichés  sur les hommes aux champs ou avec le bétail, les femmes aux travaux ménagers quand l’eau se fait rare, préparation du couscous ou enfants partant à l’école,  paysages arides ou désertiques, costumes traditionnels et autres, c’est un film qui enchaîne les images « typiques » sans aucune perspective ni problématique hormis celle, vite évacuée, de la quasi guerre civile consécutive aux victoires électorales des islamistes au début des années 90, laquelle se traduira par une décennie de violences, de massacres et de terrorisme. Ce film par trop contemplatif tombe dans les travers d’un certain cinéma tiers-mondiste qui se veut sur-signifiant dû à un scénario trop mince et aussi souvent à l’absence de moyens. En clair c’est long, sans beaucoup d’intérêt car on n’apprend pas grand-chose de nouveau, et on regarde très souvent sa montre car l’ennui pointe très vite. Aussi déprimant que sclérosé, à l’image d’un pays recroquevillé sur lui-même et dont Bouteflika resplendissant de santé comme nul ne l’ignore, est la parfaite illustration: député élu dès l’indépendance en 1962, ministre quasi inamovible de tous les gouvernements successifs, lequel, après un changement de Constitution bien opportun, s’est fait réélire l’année dernière « Président » pour un quatrième mandat supplémentaire avec un score digne des plus belles dictatures !

Publicités
Cet article, publié dans Cinéma, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s