Troisième sexe

téléchargementUn film qui plonge au cœur de l’Amérique, loin du rêve et plus près du cauchemar, celle entre New-York et Los Angeles,  l’entre deux de l’intérieur, entre  préjugés puritains et religiosité dégoulinante, celle qui ne jure que success story en dollars sonnants et trébuchants, et se voile la face sur ceux qui restent au bord du chemin. Stanley ou plutôt Bree est de ceux-là: emprisonnée dans un corps d’homme chaque jour plus insupportable, ne reste plus que l’étape ultime, l’opération qui enfin signifiera renaissance. Son boulot de vendeuse par téléphone  lui a permis d’économiser la somme nécessaire et tout est fin prêt, y compris les indispensables imprimaturs des autorités… sauf qu’un coup de fil inattendu va tout remettre en question… « TransAmerica » de  Duncan Tucker proposé hier soir au Club par l’association Alertes qui lutte pour l’égalité des droits de tous quelle que soit son orientation sexuelle, en partenariat avec Oc Live, s’inscrivait dans le prolongement de l’Existrans , un événement qui se répète chaque année en octobre pour porter les espoirs et revendications légitimes de tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans leur sexe anatomique. C’est un double road movie typiquement U.S. : au sens classique du terme, mythe des grands espaces et de la bagnole, chapeaux de cowboys et indiens fussent-ils déclassés, motels sans âme et fast-foods comme points de repères, mais aussi et peut-être surtout, une quête existentielle, celle de son identité pour s’affirmer et être reconnue dans sa différence, tant aux yeux de sa famille en tout premier lieu bien sûr que plus largement auprès des collègues, des amis et donc, in fine, de la société étatsunienne dans son ensemble. Felicity Huffman qui l’incarne, méconnaissable et d’une remarquable justesse, bien loin de son image léchée de Lynette Scavo dans  Desperate Housewives, dessine une personnalité toute de complexité, aussi hésitante que déterminée, entre douleurs intimes et failles enfouies. À l’issue de la projection s’engageait un débat animé par une représentante du Groupe d’ Etude sur la Transidentité pour pointer du doigt combien changer d’état civil reste  « un parcours du combattant, long, coûteux et lourd de souffrances et d’exclusions sociales ».

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