C’est quand le bonheur ?

téléchargement (1)Il n y’a pas que  Cali qui s’interroge, loin s’en faut. Hier soir à La Doline était projeté un film « écrit, marché, filmé et réalisé » par Laurent Hasse, du genre très inhabituel puisqu’il relate la longue marche de 1500 kilomètres en 82 jours effectuée depuis la frontière espagnole jusqu’à la Mer du Nord par l’auteur.  « Le bonheur … terre promise » sorti en salles au lendemain de Noël 2012 est d’abord un défi personnel pour se relever après un accident de voiture. Un pari que marcher seul sur une si longue distance, au hasard des rencontres par tous les temps, de la campagne la plus profonde aux banlieues urbaines, de routes minuscules et escarpées en souterrain sous autoroute, une odyssée avant tout  humaine pour brosser une fresque pointilliste actuelle de notre pays. Un kaléidoscope généreux en diable, de la mamie qui offre un café aux soldats en entrainement partageant leurs rations, des moines de Conques dans la méditation à l’exubérance du carnaval de Dunkerque via le jeune très attaché à sa cité…de la solitude des uns aux relations plurielles des autres, on mesure toute la diversité et la richesse de ces personnes ouvertes aux autres, lesquelles n’hésitent pas à offrir hospitalité et disponibilité de tous les instants. Des portraits chaleureux et sensibles qui donnent à entendre et partager différentes philosophies de vies toutes pleines d’espoir et  riches de fraternité et de solidarité. L’auteur  interroge à chaque fois ses interlocuteurs avec beaucoup de pudeur sur leur aptitude au bonheur, notion intime et si personnelle…Omniprésent, mais uniquement par son ombre ou sa voix off jusqu’au générique final, où il apparaît enfin plein cadre, ponctué régulièrement de plans lumineux presque picturaux très naturalistes pour mettre d’autant plus en lumière les visages de ses hôtes, ce documentaire se déguste comme un savoureux mille-feuille. Cette projection était organisée avec le concours du cinéma itinérant Mondes et Multitudes dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère chaque 17 octobre, initiée dès 1987 par Agir Tous pour la Dignité et depuis 1992 reconnue par l’O.N.U. C’était l’occasion de prolonger les paroles du père Joseph Wresinski fondateur du mouvement, lesquelles sont gravées sur le parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro : «Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère les Droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré» et servait d’introduction, en partenariat avec la Confédération Paysanne, à une réflexion plus large sur la misère souvent plus invisible en milieu rural.

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