Pour solde de tout conte

téléchargement (2) Un décor bucolique à souhait, peuplé de biche et autres lapins, abeilles qui butinent, gros ours forcément câlin affairé à pêcher tranquillement, du rose bonbon pétard ou du bleu pastel niaiseux en veux-tu en voilà, et c’est parti pour une vision décalée et dévastatrice des contes de fées sucrés et mielleux qui n’ont bercé que  trop d’enfants. Loin d’être d’ingénues princesses alanguies se morfondant en attendant désespérément leur prince charmant, chaperon rouge naïf, trois petits cochons insouciants voire virtuose de la baguette magique qui a réponse à tout, là c’est une version décoiffante à mi-chemin entre auto-dérision iconoclaste et flamboyance trash avec son bataillon de sept Blanche-Neige lubriques aux trousses d’un pauvre nain qui n’en peut mais, mégères aguicheuses ou en furie et loup en goguette échappé d’un cartoon de Tex Avery… De la parodie qui prend les spectateurs à rebrousse-poil où la danse devient vecteur de déséquilibre et de folie contagieuse. C’est tout sauf académique, remisé le classique, tutus de circonstance et autres envolées type Bolchoï ou les danses de salon qui sentent la bienséance, place aux pas résolument déconcertants, break dance, déhanchés du hip hop, folies du dance floor ou enchaînements résolument farfelus, ça dézingue à tout va, avec rigueur et méthode. Mieux que des gourmandises acidulées, des dragées au poivre. Laura Scozzi la chorégraphe et ses danseurs s’en donnent à cœur joie dans ce spectacle dont le nom seul ne manque pas d’être éloquent «  Blanche Neige et les sept petits cochons au bois dormant », tout un programme ! Des costumes qui en jettent plein les mirettes, avec toujours plus de vitesse et de rythme jusqu’à devenir un maelström tourbillonnant à l’infini sur des notes soyeuses de Paganini, il y a de l’énergie à revendre pour exploser les codes, reformater les idées castratrices et revendiquer une égalité libératrice pour tous. Subvertir les mythes, les faire exploser en plein vol pour in fine changer le  regard, voilà l’essence de ce spectacle très agréable, teinté de féminisme provocateur.                                   Que les nombreux enfants présents hier soir à la Baleine ne manquent surtout pas d’interpeller leurs parents !

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