Fair play ?

téléchargementC’est un film qui, sorti dans la torpeur de l’été mérite de trouver un large public. Au cœur de son sujet, le dopage sous toutes ses formes, qui gangrène le sport depuis toujours mais qui a atteint des niveaux incroyables ces dernières décennies. Nous sommes dans les années 80 dans ce qui s’appelle encore la Tchécoslovaquie, et le pouvoir communiste, à l’instar de tous ses voisins d’Europe de l’Est, a fait des médailles olympiques un paravent indispensable pour s’affirmer dans le contexte de guerre froide. Et tous les moyens sont bons. Doping à grande échelle qui fait fi de la santé des athlètes, anabolisants à forte dose et autres stéroïdes ou piqûres en tous genres, rien n’est laissé au hasard. C’est ainsi qu’une jeune sprinteuse talentueuse, laquelle vise la sélection pour les Jeux de Los Angeles de 1984 se voit recrutée par l’Académie des sports, et, en contrepartie, se voit injectée d’innombrables substances, toutes plus nocives les unes que les autres  pour améliorer ses performances, le tout, bien sur, sous couvert de suivi médical personnalisé !!! C’est donc un témoignage très fort sur les méthodes si controversées de cette époque où sur les stades se livrait un conflit idéologique intense, où prestige et nombre de trophées tenaient lieu de reconnaissance internationale, le temps pas si lointain où, par exemple, la RDA et ses nageuses au physique de déménageurs s’imposaient dans tous les bassins. On sait maintenant combien tant de ces sportifs ont été volontairement détruits, physiquement, mentalement ou moralement, simples cobayes ballottés par les autorités en place dans ces pays, seulement soucieuses de vanter la supposée supériorité de leur régime politique. Maintenant que les langues se sont déliées, on sait combien d’histoires sordides ont été révélées, des vies brisées, des corps volontairement mutilés et tant d’autres souffrances intimes. « Sur la ligne » d’Andréa Sedlàckova est un coup de projecteur implacable sur cette société du mensonge omniprésent, de la suspicion insidieuse, de la méfiance, du chantage et de la trahison, un monde mortifère et sans issue aux ramifications tentaculaires. Atmosphère glauque et inquiétante, que seuls quelques dissidents courageux essaient de dénoncer en diffusant des samizdats, un film tout en lucidité désespérée et à haute valeur déontologique.             Courez-y de toute urgence.

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