Chutes libres

téléchargementOn a frôlé la catastrophe hier soir lors de la soirée de clôture du festival Rire Onet. Il s’en est fallu de très peu car en ouverture de soirée on eut droit à « Monsieur Fraize » du nom du comédien éponyme, lequel pendant trois interminables quarts d’heure va sur scène proposer une bouillie de moments plus stupides les uns que les autres sans aucune écriture ni idée, du genre vide sidéral intégral !!! Bégayer, ânonner, hésiter, multiplier silences et trous de mémoire, onomatopées et borborygmes, lire un catalogue commercial ou répondre au téléphone, le tout ponctué de gesticulations en tous genres et autres jérémiades ne sont pour le spectateur que calvaire et supplice. On touchait le fond mais pire, il continuait à creuser ! À oublier au plus vite !!!                                     Rude tâche pour Yanik qui lui succédait que de remobiliser des spectateurs quasiment en  apoplexie. Heureusement il a du métier, du savoir-faire, de l’expérience – son troisième passage sur une scène du Grand Rodez en moins de deux ans – et surtout, son spectacle , « Pfff … » mérite cette qualification. C’est un one-man-show beaucoup plus fluide et rythmé que lors de la première il y a deux ans. Plus de temps  mort ou de saillies vulgaires inutiles, c’est peaufiné et ciselé, quasiment « sobre, élégant et discret » pour reprendre une formule bien troussée. Du colloque de l’amicale des prophètes réunis en conclave, à l’hymne à la haine déclamé par un chanteur fêlé qui déteste les gens, des fausses confidences radiophoniques nocturnes en  réflexions qui ne manquent pas de sel sur le permis à point indispensable pour des relations amoureuses épanouies, des tendances musicales qui ne sévissent que trop sur les ondes qualifiées de « daubes et soupes insipides » aux publicités théâtralisées,  on rit de bon cœur. Quand, avec sa guitare, il nous propose de revisiter les arcanes de la variété  française du R n B à Christophe Maé via Gérald de Palmas ou Fréro Delavega, là on pouffe et on s’esclaffe,  tant c’est plus vrai que nature. On mesure vraiment combien le travail et la patine ont donné de punch et de vitalité à la première version pour la rendre beaucoup plus incisive et percutante, aux antipodes du  magma gélatineux servi  en entrée, la seule fausse note de l’ensemble du Festival.

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3 commentaires pour Chutes libres

  1. Jean-Pierre dit :

    Monsieur Fraize est celui qui me déclenche systématiquement un fou rire depuis que je l’ai découvert dans l’émission de Monsieur Ruquier;  » On ne demande qu’à en rire », je conseille d’ailleurs d’aller voir sur Youtibe. Bref il m’a fait tellement rire à la télévision que je n’ai pas manqué d’aller le voir lorsqu’il est passé à Bordeaux et là, ce fut pire; un fou rire du début jusqu’à la fin du spectacle; U seul regret qu’il ne soit pas repassé à Bordeaux.

  2. Benoit dit :

    Monsieur Fraize … 45 minutes de bougliboulga?
    L’auteur de cette chronique aurait-il perdu son sens de l’humour?

  3. Enora69540 dit :

    Monsieur Dessorty : je crois que vous n’avez rien compris ! Bien sûr que c’est écrit et désolée ce n’est pas uniquement de la « lecture de catalogue » mais une autre manière humoristique (?) de parler des promos… Au même titre que Gad avait évoqué les comédies musicales ou le rn’b. Moi j ai ri à Avignon longtemps et j ai hâte de vs revoir monsieur Fraise : je vous aime !

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