Faits maison

téléchargementSoit une famille improbable et rocambolesque: cinq enfants, deux garçons et trois filles, lesquels n’ont pas froid aux yeux, leurs parents souvent dépassés mais plutôt compréhensifs et une grand-mère qui déboule quand on ne l’attend pas, des non-dits ou des secrets plus ou moins inavouables…mélanger le tout et servir al dente, voilà la recette du spectacle offert hier à la M.J.C. de Rodez à l’issue de la soirée de  présentation de la nouvelle saison culturelle. « La famille vient en mangeant » c’est le one-woman-show corrosif d’une comédienne incroyable Marie-Magdeleine, alias Magma, laquelle se fait forte d’incarner tous les membres de la dite tribu pour patiemment passer chacun sur le grill, le faire mijoter à  feu doux,  l’assaisonner à sa manière jusqu’à le débiter saignant ou à point mais toujours relevé d’une pointe d’humour. Ces portraits croisés mitonnés de formules chocs, d’aphorismes épicés et autres réflexions douces-amères dessinent une image aussi contrastée que subtile d’ados en révolte, en souffrance ou en quête de câlins, d’adultes aussi décalés que désireux de bien faire, d’aïeux beaucoup plus complexes qu’il n’y parait, en résumé un instantané qui ne manque pas de sel de plusieurs générations, avec ses tics de langage ou de comportements bien dans l’air du temps. Avec force mimiques, quelques paroles de chansons, de l’expression corporelle et une diction spécifique adaptée à chaque personnage, la comédienne seule en scène et quasiment sans décor réussit une étonnante performance qui fait un peu penser au film « Noblesse oblige » avec Alec Guinness. Rendre sympathiques et même attachants, ces anti-héros dans leur quotidien comme dans leur intimité, disséquer la trame de relations complexes entre les différents protagonistes, se refusant à juger les uns ou condamner les autres, voilà qui demande énergie, ressort et fantaisie, autant de qualités dont elle ne manque pas. Dans le microcosme de ces petites histoires personnelles, se jouent autorité morale et hiérarchie, prise de pouvoir ou consensus, l’éducation fait écho à la découverte de la sexualité, la solidarité de la fratrie répond aux voix hésitantes des parents, tout un joyeux foutoir iconoclaste et éclectique – qui cite aussi bien Rousseau que le meurtre de la Vologne- dont les saveurs délicieusement entêtantes tiennent le spectateur en haleine.    Du théâtre aussi  punchy que grisant.

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