L’accord aux trousses

téléchargement (1)Qu’un festival d’accordéon dont l’essentiel tourne autour de  musette et flonflons, autrement dit d’airs surannés et d’ambiance naphtaline, se propose d’ouvrir sur un tout autre registre, voilà qui ne manque pas d’interpeller. En préambule hier en fin d’après-midi à la Chapelle Royale, ce fut ainsi l’occasion de découvrir d’autres facettes très différentes d’un instrument encore trop associé dans l’inconscient à ces ambiances qui hésitent entre nostalgie vaporeuse et réminiscences de  terroir. Pour l’occasion on pouvait écouter « Duelles »  un tout nouveau duo féminin de profs du Conservatoire de l’Aveyron, lesquelles, habituées du lieu, offraient au public de se laisser emporter de l’Amérique du Sud aux Balkans, via des accents langoureux du tango aux sonorités ébouriffantes de la musique tzigane, un programme pétillant qui mêle invitation aux voyages et fantasmes ou souvenirs de vacances lointaines. Une évocation toute de bonne humeur et de rythmes endiablés ou plus alanguis pour permettre aux deux instrumentistes, Émilie Marzili à l’accordéon et Mathilde Comoy au violoncelle, de laisser libre cours à la fantaisie, à l’humour et à la passion. Deux tempéraments distincts, madone volubile et enjouée ou présence plus introvertie, elles se répondent pour faire de ce concert un moment de complicité joyeuse à partager. Des œuvres d’Astor Piazzolla bien sûr toutes de délicatesse feutrée et envoûtante, des musiques de film emblématique comme celle de Goran Bregovic composée pour « Underground » d’Emir Kusturica, des traditionnels de Moldavie, de Bulgarie ou de Roumanie qui fleurent bon fêtes de villages et exubérance communicative, c’était tout un répertoire d’airs brûlants d’authenticité, de  mémoire et de ferveur. Âme slave ou sensualité latine, le concert bruisse de spleen et de pudeur, de fougue et d’éclat, le romantisme tourmenté fait écho à la folie douce, et la douleur de l’errance s’estompe derrière l’élégance et la convivialité. Enlevés et sautillants ou plus tourmentés et fiévreux, les morceaux s’enchaînent avec bonheur, on se croirait volontiers devant un film d’Hitchcock porté par de troublantes héroïnes, entre feu et glace, mais toujours diablement séduisantes. Un récital aussi chaleureux que flamboyant.

 

 

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2 commentaires pour L’accord aux trousses

  1. le brazidec dit :

    C’est exactement ce que j’aurais écrit …si j’avais du talent !!!!

  2. Marzilli dit :

    Bonjour!!!!! Merci beaucoup pour cet article!! A bientôt !! Emilie

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