Tous aux abris

Pour sa troisième soirée sur la grande scène, l’Estivada 2015 avait fait le choix de transformer l’esplanade des Ruthènes en laboratoire expérimental dont tous les audioprothésistes ne pourront que se féliciter. Leur future clientèle était là en nombre. Des décibels comme s’il en pleuvait, une sono surpuissante que l’on n’imagine pas avoir été réglée préalablement tant elle crache de bruits vengeurs et de vacarme étourdissant, pétarade à qui mieux mieux pour envelopper d’un tintamarre cacophonique les oreilles du pauvre spectateur  qui n’en peut!!!  Seule solution se replier de toute urgence vers le stand de prévention sanitaire installé en face de la buvette pour se munir de bouchons d’oreilles à défaut de casques de chantiers, lesquels se voyaient néanmoins ici et là sur la tête de certains bambins hissés sur les épaules de leurs parents. Un boucan d’enfer qu’il est difficile de qualifier de musique et rend vaine toute tentative de s’intéresser de quelque manière que ce soit aux groupes invités. Soit on s’exile au plus loin et on ne voit plus grand-chose, soit on martyrise nos tympans qui ne résisteront pas longtemps à un genre qui tient du melting-pot entre cri primal, appels du muezzin sous acide ou déferlement de hooligans éméchés…

mqdefaultC’est dommage pour le quintet Dupain, un groupe marseillais qui ouvrait le spectacle car leur style qui mêle des instruments aussi différents que la vielle à roues, la mandole, la flûte, la contrebasse et la batterie à des rythmiques métissées ne manque ni de peps ni d’originalité. Impossible par contre de se faire une quelconque opinion sur des textes  dans le tumulte sonore précédemment évoqué, au mieux on ne saisit que quelques syllabes vite noyées dans un océan informel d’explosions rythmiques qui s’étirent, d’harmonies chamaniques planantes en fusion ou de tempi dévastateurs.

imagesMême punition pour le groupe Projecte Mut venu des iles Baléares, aux accents plus rock, des invités inattendus dont Rodez était la seule date de leur tournée  « Ido », et  qui veulent donner de leur île d’Ibiza une autre image que celle de rendez-vous pour noctambules européens adeptes d’alcool  bon marché, de sable brûlant et de soirées chaudes. On écoutera pour se faire une idée plus précise leur album  « Corda i Poal » nominé en 2013 comme disque catalan  de l’année.

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