L’air du temps

téléchargementC’est un spectacle inhabituel que celui qui était proposé hier en début d’après-midi à la M.J.C. de Rodez, un moment douillet presque confidentiel. « Chronos » c’est un ciné-concert. Sur des images d’archives en noir et blanc diffusées sur un écran en fond de scène, six  musiciens en live ajoutent une atmosphère sonore laquelle prolonge, contraste ou rebondit avec la projection. C’est à la fois un hommage aux débuts du cinéma, où les pianistes dans la salle se devaient de suivre les aventures extravagantes de Charlot ou de Buster Keaton qu’une façon subtile de donner une autre tonalité à ce qui ne serait sinon que succession de vieux films sans beaucoup d’intérêt, un peu comme les longues soirées diapos retour de vacances lesquelles provoquaient souvent des bâillements polis. Il faut d’abord saluer le travail de documentation en amont, des instantanés d’époque pour évoquer la vie d’une petite fille née au début du XXème siècle et qui se terminera avec le visage parcheminée d’une vieille dame toute de dignité.  Des images de la vie d’autrefois, on puise l’eau avec des seaux, pas de mécanisation dans les campagnes, c’est la traction animale qui est à l’honneur, les troupeaux qu’accompagne le berger, les enfants qui jouent de rien dans la cour de l’école communale, la fanfare pour la fête locale ou la tradition des « Bouffadous » qui persiste encore dans la région de Limoux, le feu d’artifices sans fioritures etc… autant d’images qui, sans la musique et les poèmes superposés déclamés en direct, ne seraient que souvenirs quasi préhistoriques… tout repose sur les variations lumineuses des  instrumentistes lesquels jouent de toute la palette de nuances en donnant  une épaisseur charnelle pour faire d’un destin individuel plutôt banal une histoire collective universelle. Déjà avoir choisi pour illustrer les changements radicaux survenus pendant cette période, une figure féminine en milieu rural révèle bien des choses, un regard  résolument déterminé pour appréhender et comprendre l’Histoire. Les textes qui rythment le récit, écrits en surimpression en français mais psalmodiés en occitan n’en ont que plus de force.               Un spectacle qui a conquis à juste titre le public venu en nombre. Carpe diem.

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