S.O.S. Médecins

images (1)Depuis plusieurs années déjà, à l’issue de certaines étapes du Tour de France et pour récolter des fonds en faveur de l’Association Française contre les Myopathies, celle qui organise le Téléthon chaque premier week-end de décembre, la Compagnie de la Reine, une troupe de théâtre professionnelle fait revivre un classique. Cette année, comme en 2012, c’est Le Malade imaginaire qui était hier soir au programme sur l’esplanade Foch. Dans le rôle-titre Gérard Holtz, lequel avait momentanément délaissé le micro de France 2 et ses commentaires empressés pour se glisser dans la peau d’Argan, ce personnage mièvre constamment balloté par tous. Sa seconde femme intrigante et cupide qui lorgne sur l’héritage, des médecins pédants  et obséquieux qui multiplient les prescriptions invraisemblables pour saigner (dans tous les sens du terme) leur patient, sa fille aimante, ou la servante délurée, malicieuse et pas dupe… tous les personnages de cette comédie historiquement tragique sont présents. Jouée sur une estrade, laquelle évoque l’ambiance des tréteaux d’époque, dans des costumes particulièrement soignés, sous des éclairages très astucieux avec des  lustres notamment, quelques notes de musique grand siècle pour accompagner une troupe très homogène de qualité, on replonge presque dans l’atmosphère originelle de Molière pour une touche d’authenticité supplémentaire laquelle sied tout à fait au spectacle. Argan enfoncé dans son fauteuil, les pieds décollés du sol donne parfaitement l’image du pantin désarticulé que chacun se plait à  manipuler à son gré. Au milieu, tous les notables de l’histoire, les médecins bien sûr, dont les Diafoirus caricatures absolues de la veulerie et de la suffisance, mais aussi le notaire, sont  peints comme de fieffés coquins âpres au gain et sans aucun scrupule. A contrario, les femmes comme Toinette la soubrette qui a la langue bien pendue, -voire le rap endiablé-, et à un degré moindre la douce mais résolue Angélique, soulignent de toute évidence combien l’auteur était en avance sur son temps, au besoin en se mettant à dos  la Cour, pour plaider au fil de ses pièces pour l’émancipation, l’égalité et le respect.                                                                                                   Une comédie délicieusement subversive qui résonne encore aujourd’hui de beaucoup d’acuité et d’intelligence conclue par un haka mémorable bourré d’énergie et de convivialité pour une soirée vraiment très agréable.

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